À quelques heures du prologue du Tour cycliste international de Martinique, le cas de Stefan Bennett continue d'alimenter les interrogations. L'ancien coureur du Team Euro Cycling Trips espère être autorisé à prendre le départ sous les couleurs du Team TVM/JC231, alors que sa radiation de son ancienne équipe n'apparaît toujours pas officiellement enregistrée sur les listes de l'Union Cycliste Internationale (UCI).
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la volonté du coureur de quitter son équipe ou même l'accord de cette dernière ne suffisent pas à rendre immédiatement effective une radiation. Les instructions administratives de l'UCI applicables aux équipes continentales prévoient qu'en cas de retrait d'un coureur de l'effectif, la modification doit être transmise par la fédération nationale dont dépend l'équipe à l'UCI, accompagnée des documents justificatifs. L'enregistrement officiel de cette modification relève ensuite exclusivement de l'UCI. Autrement dit, tant que cette procédure n'est pas menée à son terme, le statut administratif du coureur peut demeurer inchangé.
Le délai de trois jours : un élément déterminant
Les instructions de l'UCI précisent également que la fédération nationale doit transmettre la demande de modification " au moins trois jours ouvrables avant la date souhaitée ", afin de permettre son enregistrement par l'UCI. L'organisation internationale ajoute toutefois qu'elle " fera tout son possible " pour traiter la demande dans ce délai, sans pouvoir en garantir le respect. Cette précision est loin d'être anodine. Elle signifie que le délai de trois jours concerne d'abord l'obligation pesant sur la fédération nationale, et non sur le coureur lui-même. Dans le cas de Stefan Bennett, cette fédération est celle de Guam, sous laquelle est enregistrée l'équipe Euro Cycling Trips.
La véritable question
À ce stade, il y a un élément essentiel que nous ignorons : à quelle date la Fédération de Guam a-t-elle effectivement transmis la demande de radiation de Stefan Bennett à l'UCI ? Cette information pourrait être déterminante dans l'appréciation du dossier. Deux hypothèses se dégagent.
- Première hypothèse : la procédure a été engagée dans les délais : Si la Fédération de Guam a transmis la demande au moins trois jours ouvrables avant le départ du Tour de Martinique (c'est-àdire mardi de cette semaine), elle aurait respecté les prescriptions administratives de l'UCI. Dans cette situation, un éventuel retard d'enregistrement serait imputable au seul traitement administratif de l'UCI. L'équipe TVM/JC231 pourrait alors soutenir que le coureur ne doit pas être privé de compétition en raison d'un retard administratif indépendant de sa volonté, d'autant que qu'Euro Cycling Trips aurait accusé réception de la demande de radiation. Cette analyse renforcerait les arguments en faveur d'une autorisation exceptionnelle de prendre le départ ;
- Seconde hypothèse : la demande est partie trop tard : À l'inverse, si la Fédération de Guam n'a transmis le dossier que quelques heures ou un ou moins de trosi jours avant le début du Tour Cycliste international de la Martinique, la procédure prévue par l'UCI n'aurait pas été respectée. Dans ce cas, l'absence de mise à jour du registre UCI ne résulterait plus d'un simple retard administratif, mais d'une transmission tardive du dossier. Le jury des commissaires disposerait alors d'un fondement réglementaire solide pour considérer que la situation administrative du coureur n'était pas régularisée au moment de son engagement.
Un dossier qui pourrait reposer sur une seule date
Au final, l'ensemble du débat pourrait se résumer à une seule pièce administrative : la date de transmission de la demande de radiation par la Fédération de Guam à l'UCI. Si cette transmission est intervenue dans le délai prévu par les instructions de l'UCI, le dossier de Stefan Bennett apparaît juridiquement défendable. Si, en revanche, cette formalité n'a été accomplie dans un délai inférieur à trois jours apr rapport au début de ‘épreuve prévue semain 3 juillet, les chances de voir le coureur autorisé à prendre le départ s'amenuisent considérablement. À quelques heures du lancement du Tour de Martinique, cette date demeure inconnue du public. Or, c'est probablement elle qui devrait déterminer si les instructions de l'UCI sont respectées, si Stefan Bennett prendra ou non le départ de l'épreuve.
Jacques VILUS
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