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Cuba à l’Onu : l’Europe condamne l’embargo américain mais exige des réformes de La Havane

09 July 2026
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Jacques Vilus

l’Ambassadeur Stavros Lambrinidis, Chef de la Délégation de l’Union européenne auprès des Nations Unies à New York
l’Ambassadeur Stavros Lambrinidis, Chef de la Délégation de l’Union européenne auprès des Nations Unies à New York • DÉLÉGATION DE L’UNION EUROPÉENNE AUX NATIONS UNIES À NEW YORK

Des hôpitaux qui tournent au ralenti, des coupures de courant incessantes et une course quotidienne pour trouver de quoi se nourrir ou se déplacer. C'est en rappelant cette réalité brutale que l'Union européenne a pris la parole, mardi 7 juillet 2026, devant l'Assemblée générale de l'Onu à New York. 

L'ambassadeur européen, Stavros Lambrinidis, y a livré une analyse sans concession, renvoyant Washington et La Havane à leurs responsabilités respectives.

L'Europe n'édulcore pas les faits : les sanctions économiques, commerciales et financières imposées par les États-Unis ont un impact humanitaire désastreux. Bruxelles dénonce la pression exercée sur des Cubains confrontés à des conditions de vie de plus en plus intenables. Au-delà du drame humain, l'Union Européenne (UE) défend ses intérêts commerciaux. La diplomatie européenne fustige les mesures extraterritoriales américaines, en particulier la loi Helms-Burton, qui pénalisent les entreprises étrangères travaillant avec l'île. Pour contrer cette violation des règles du commerce international, le droit européen continue d'interdire l'application de cette législation américaine sur son sol.

La balle dans le camp castriste

Pour autant, la délégation européenne a refusé de faire de l'embargo l'unique bouc émissaire. Constatant que l'aide d'urgence ne peut pallier indéfiniment les failles d'un système à bout de souffle, le diplomate a mis les autorités cubaines face à leurs responsabilités internes. Bruxelles réclame des actes : la libération des personnes détenues arbitrairement, le respect des libertés fondamentales et l'ouverture d'un espace de dialogue avec la société civile. Une manière directe de signifier que les dirigeants de l'île ne peuvent plus s'abriter derrière la pression américaine pour reporter les réformes structurelles dont le pays a besoin.

Le dossier russe en toile de fond

L'intervention a par ailleurs mis en lumière la crispation de Bruxelles face aux choix diplomatiques de La Havane. Le positionnement cubain à l'égard de la Russie dans le conflit ukrainien marqué notamment par un vote défavorable, en février dernier, à une résolution onusienne appelant à la paix, passe mal. L'UE demande expressément aux autorités cubaines de cesser tout soutien à Moscou et d'empêcher activement l'enrôlement de leurs ressortissants par l'armée russe. Une mise au point qui redessine les contours des relations bilatérales : si l'Europe assure vouloir maintenir un engagement " critique mais constructif " pour accompagner le pays, la diplomatie européenne laisse entendre que la pérennité de ce dialogue restera tributaire de l'attitude de La Havane sur la scène internationale.