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Depuis le 14 juillet : la Guadeloupe et la Jamaïque enfin connectées par un vol direct

16 July 2026
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 Un vol direct relie désormais Pointe-à-Pitre à Montego Bay, deux fois par semaine. Une liaison modeste sur le papier, mais qui vient combler un angle mort de longue date dans la carte des Antilles 

Le premier vol de la compagnie régionale LIAT Air a atterri le 14 juillet à l'aéroport international Sangster de Montego Bay, avec 33 passagers à son bord. Opérée les mardis et samedis toute l'année, la liaison doit à terme passer à une fréquence quotidienne si la demande suit. À l'arrivée, la ministre jamaïcaine du Tourisme, Tova Hamilton, a choisi de parler d'opportunités économiques plutôt que de simple transport aérien, rappelant que les retombées d'un vol de ce type dépassent largement l'hôtellerie : chauffeurs de taxi, agriculteurs, artisans et petits entrepreneurs en profitent aussi, dans la logique de la stratégie touristique jamaïcaine dite " Tourisme 3.0 ", censée irriguer les communautés locales au-delà des grands complexes hôteliers.

Sortir de l'angle mort caribéen

Le vrai enjeu de cette route se joue peut-être davantage côté guadeloupéen. L'archipel dispose d'atouts que peu de destinations voisines peuvent revendiquer : cuisine créole, cuisine française, patrimoine créole, reliefs volcaniques, forêts tropicales, une diversité de paysages et d'ambiances avec son caractère archipélagique et infrastructures aux standards européens, routes et système de santé compris. Mais cette identité a aussi un revers : une clientèle très majoritairement française et francophone, Belgique, Suisse, Canada, îles voisines francophones, une visibilité internationale plus modeste que ses concurrentes anglophones, et un réseau aérien régional resté longtemps limité. La nouvelle ligne s'attaque directement à ce dernier point, en offrant aux Guadeloupéens un accès direct à l'une des marques touristiques les plus reconnues au monde, sans transiter par l'Amérique du Nord ou par un hub caribéen tiers. Elle ouvre aussi la voie à des séjours combinés entre deux Antilles que tout, historiquement, séparait davantage que cela ne les reliait , langue, empire colonial, circuits touristiques.

La Jamaïque aussi y trouve son compte

Pour la Jamaïque, la manne est différente mais tout aussi stratégique : accéder plus facilement à une clientèle francophone aisée [à l'échelle des Caraïbes], réputée pour préparer ses voyages longtemps à l'avance et rester plus longtemps sur place deux qualités qui collent aux ambitions de diversification portées par le ministre du Tourisme jamaïcain, Edmund Bartlett, soucieux de réduire la dépendance de l'île aux marchés nord-américain et britannique. Le maire de Montego Bay, Richard Vernon, y voit également un argument de plus pour asseoir sa ville comme point de passage aérien régional. Du côté de LIAT Air, son directeur des opérations, Obiukwu Mbanuzuo, résume la portée de la ligne en des termes qui dépassent l'aéronautique : selon lui, il s'agit avant tout de relier deux peuples et deux économies, bien plus qu'un simple point A à un point B.

Voyager d'île en île, sans passer par Paris ni Miami

Au fond, cette ligne raconte autre chose qu'une simple histoire d'avion. Elle dit que les îles caribéennes commencent, doucement, à se voir moins comme des rivales et davantage comme des étapes d'un même voyage. C'est une évolution plus large du tourisme caribéen, celle d'îles qui cessent de se regarder en simples concurrentes pour devenir des étapes complémentaires d'un même voyage. La promesse tient autant à l'économie qu'au symbole, les Antilles, françaises ou anglophones, semblent logiquement avoir davantage à gagner à voyager entre elles qu'à toujours passer par ailleurs.