Maisons palestiniennes assiégées par des colons en Cisjordanie: un “acte de terreur” pour l’ambassadeur américain en Israël
L'ambassadeur américain en Israël a dénoncé dans une très inhabituelle déclaration les "actions répugnantes" et "de terreur" de colons en Cisjordanie, de nouveau évacués par Israël, qui a parallèlement célébré jeudi la réinstallation d'une colonie ailleurs sur le territoire occupé.
Depuis dimanche, quelques dizaines de colons israéliens bloquent l'accès à des maisons palestiniennes dans le village de Qusra près de Naplouse (nord de la Cisjordanie), dont l'une appartient à un homme également détenteur de la citoyenneté américaine.
Les habitants affirment être coupés de tout approvisionnement en nourriture et autres services essentiels.
"Les actions de ceux derrière cet acte de terreur horrible, visant à intimider et à harceler cette famille, sont répugnantes", a écrit Mike Huckabee sur X, pourtant fervent défenseur des colonies en Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967.
"Aucun prétexte ne justifie ce comportement de voyous", a-t-il ajouté.
Selon M. Huckabee, Israël est intervenu sur place à la demande des Etats-Unis - son allié principal, même si Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont à plusieurs reprises montré leurs désaccords ces derniers mois, récemment sur le plan américain pour Gaza.
L'armée israélienne avait déjà démonté une tente mercredi mais les colons étaient restés sur place, sur des couvertures. Elle est revenue dans la nuit et a démantelé "deux avant-postes illégaux", confisqué l'équipement présent sur place, et procédé à l'interpellation d'un Israélien, a-t-elle indiqué.
"La tente et les affaires des colons ne sont plus là", mais "les colons sont sur la colline voisine", a déclaré à l'AFP Aïcha Hassan, une habitante bloquée chez elle.
Les habitants n'ont toujours pas accès à la nourriture et autres biens selon elle, car "la zone est complètement bouclée par l'armée".
D'après le maire de Qusra, Abdel Azim Wadi, l'armée israélienne a émis un ordre d'évacuation temporaire aux habitants des maisons assiégées, le temps de s'occuper des colons.
Jour d'inauguration
Les propos tenus par l'ambassadeur américain sont particulièrement inhabituels. Ce pasteur évangélique chrétien a par le passé soutenu de façon répétée les colonies juives en Cisjordanie, et rejeté l'idée d'un Etat palestinien.
On ne peut pas "faire passer l'ambassadeur Huckabee pour un gauchiste, lui qui est le plus grand ami de la colonisation aux Etats-Unis", a commenté dans un communiqué Oded Revivi, l'ancien maire d'Efrat, une colonie près de Jérusalem considérée comme plutôt modérée.
"Si un ami véritable comme Huckabee est obligé de taper du poing sur la table, ça veut dire qu'il faut tous qu'on s'arrête, qu'on se demande ce qu'il s'est passé, et qu'on rectifie immédiatement", a-t-il ajouté.
Les violences des colons israéliens contre les Palestiniens se sont intensifiées de manière spectaculaire depuis l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023, avec des raids violents quasi quotidiens contre des villages et des actes de harcèlement ou d'intimidation.
Ce pic de violences va de pair avec la multiplication des colonies en Cisjordanie, qu'une partie de la classe politique israélienne ne cache pas vouloir annexer.
Peu après le message de l'ambassadeur américain, plusieurs responsables politiques israéliens, dont le ministre de la Défense Israël Katz, se sont retrouvés à la colonie de Ganim pour célébrer sa réinstallation, plus de 20 ans après son démantèlement.
Le Premier ministre Netanyahu a donné son feu vert à sa réouverture, en pleine campagne électorale avec des échéances en octobre et des sondages le plaçant en mauvaise posture.
Sur les quatre colonies démantelées en Cisjordanie en 2005, en même temps que toutes celles de Gaza, trois ont récemment été réinstallées.
La colonisation de cette partie des Territoires palestiniens s'est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, mais s'est nettement accélérée depuis l'arrivée de l'extrême droite dans la coalition au pouvoir fin 2022.
Plus de 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, illégales au regard du droit international, aux côtés d'environ trois millions de Palestiniens.
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• Saleh HAMAD

• ilia YEFIMOVICH

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