Journée mondiale du droit à l’avortement : en Guadeloupe, un taux d’IVG deux fois supérieur à l’Hexagone
Ce lundi 28 septembre 2026 marque la Journée mondiale du droit à l'avortement, née en 1990 à l'initiative de mouvements féministes d'Amérique latine et des Caraïbes. Alors que 25 millions d'avortements non sécurisés sont pratiqués chaque année dans le monde, la Guadeloupe se distingue par un recours à l'IVG particulièrement élevé.
C'est en 1990, à l'initiative du Mouvement latino-américain et caribéen pour la défense du droit à l'avortement, qu'est née cette journée. À l'époque, il s'agissait d'alerter sur les dangers des avortements clandestins dans une région marquée par de fortes restrictions légales. Depuis, la date a pris une dimension mondiale, portée par des ONG, des associations féministes et des organisations internationales comme Amnesty International ou la Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF).
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 25 millions d'avortements non sécurisés sont pratiqués chaque année dans le monde, entraînant de graves complications et des dizaines de milliers de décès évitables. Si certains pays comme la France, l'Espagne ou l'Argentine ont élargi l'accès légal à l'IVG, d'autres l'interdisent encore totalement ou le restreignent sévèrement. Un contraste qui fait de l'avortement un enjeu à la fois éthique, politique et sanitaire.
En Guadeloupe, un taux d'IVG record
Dans l'archipel, les chiffres interpellent. En 2025, 3 773 IVG ont été enregistrées chez les femmes vivant en Guadeloupe, contre 3 376 en 2024. Rapporté à la population, cela représente 48,9 IVG pour 1 000 femmes, contre 17 dans l'Hexagone. Un écart considérable : la Guadeloupe affiche le taux le plus élevé de France, devant la Guyane (46,1 pour 1 000) et la Martinique (35,5 pour 1 000). La moyenne des territoires ultramarins s'établit à 33 pour 1 000.
Autre particularité locale : la plupart des IVG sont réalisées en dehors de l'hôpital. En 2025, sur 3 773 IVG, 1 037 ont été pratiquées dans un établissement de santé, 2 659 en cabinet libéral et 77 dans un centre de santé ou un centre de santé sexuelle. Une répartition similaire à celle de 2024. Par ailleurs, les IVG médicamenteuses représentent 81 % des IVG réalisées en France.
Chez les adolescentes, un taux trois fois supérieur à l'Hexagone
Les chiffres sont également élevés chez les adolescentes. Chez les jeunes filles de 15 à 17 ans, le taux était de 12,7 IVG pour 1 000 en 2024, avant de passer à 14 pour 1 000 en 2025. Dans l'ensemble des territoires ultramarins, ce taux est de 13,2 pour 1 000 en 2025, contre seulement 5,5 pour 1 000 dans l'Hexagone. Un écart qui souligne l'importance de renforcer l'éducation sexuelle et l'accès à la contraception dans les Outre-mer.
La Journée mondiale du droit à l'avortement rappelle que ce droit ne se limite pas à une question médicale : il est intimement lié à la justice sociale, à l'égalité de genre et à la dignité humaine. Garantir un avortement sûr et accessible, c'est protéger la vie et la liberté des femmes. En Guadeloupe, comme ailleurs, les défis restent nombreux : réduire les inégalités d'accès, renforcer la prévention et garantir à toutes les femmes la possibilité de disposer librement de leur corps.
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