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Contraception : des prescriptions inadaptées exposent jusqu’à six femmes sur dix à des risques cardiovasculaires

28 September 2026
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Une étude de l’Observatoire national de la santé des femmes (ONSF) révèle que plus de 40 % des femmes sous contraception œstroprogestative reçoivent une prescription inadaptée au regard de leurs facteurs de risque cardiovasculaire. Ce taux grimpe à près de 60 % si l’on y ajoute les antécédents familiaux.

Pour parvenir à ces conclusions, l’ONSF a analysé les dossiers médicaux de 15 000 femmes âgées de 15 à 85 ans, issus des dépistages organisés par le bus du cœur des femmes. Ce dispositif de la fondation Agir pour le cœur des femmes sillonne chaque année la France, 16 étapes en 2025, pour proposer gratuitement des dépistages cardiovasculaire et gynécologique. Les données recueillies ont permis de mettre en évidence un phénomène massif : la prescription de contraceptifs œstroprogestatifs, qui associent un œstrogène de synthèse et un progestatif (pilule, anneau vaginal ou patch), sans prise en compte suffisante des facteurs de risque des patientes.

Parmi les facteurs de risque les plus fréquents figurent l’hypertension, les antécédents cardiovasculaires familiaux, chez le père, la mère, le frère ou la sœur, ainsi que la combinaison de l’âge (plus de 35 ans) avec le tabac ou l’obésité. Pour la cardiologue Claire Mounier-Véhier, fondatrice de la fondation, la mission est double : informer les femmes, mais aussi les professionnels de santé. « Les médecins prescripteurs doivent poser et se poser les bonnes questions quand ils renouvellent une ordonnance. Car des contre-indications, il y en a », insiste-t-elle au micro de BFM. Elle cite l’exemple d’une femme souffrant de migraines, qui fume et prend des œstrogènes de synthèse : « Son risque de faire un infarctus du myocarde est multiplié par 30, celui de faire un AVC par 64 ».

Un diagnostic plus large sur la santé des femmes

L’ONSF dresse un tableau plus inquiétant encore de la santé cardiovasculaire et gynécologique des Françaises. Neuf femmes sur dix présentent au moins deux facteurs de risque cardiovasculaire. Près de deux tiers ont des symptômes d’alerte, palpitations, essoufflement, douleur thoracique, malaise et une femme sur deux cumule en plus des facteurs de risque gynéco-obstétricaux. Autre constat préoccupant : une femme meurt toutes les sept minutes de causes cardiovasculaires.

Un suivi médical insuffisant

La prise en charge médicale n’est pas à la hauteur des besoins. Huit femmes sur dix n’ont pas de suivi cardiovasculaire, alors que plus d’un tiers d’entre elles ont déjà fait un accident cardiovasculaire. Une femme sur trois qui participe au dépistage du bus du cœur a besoin d’un suivi médical.

L’étude met également en lumière l’importance des facteurs psychosociaux. Une femme sur cinq indique, lors de l’entretien confidentiel avec la gynécologue ou la sage-femme, être victime de violences morales ou physiques. Un chiffre en augmentation, selon l’ONSF. Par ailleurs, 42 % des femmes sont en situation de précarité, des difficultés qui divisent par deux leur suivi gynécologique.

Un appel aux professionnels de santé

Face à ce constat, la fondation Agir pour le cœur des femmes appelle à une prise de conscience collective. Les médecins prescripteurs doivent systématiquement évaluer les facteurs de risque cardiovasculaire avant de renouveler une contraception œstroprogestative. Une meilleure information des femmes et une vigilance accrue des professionnels de santé sont indispensables pour prévenir des accidents évitables. L’enjeu est de taille : il s’agit de protéger la vie et la santé de millions de femmes.