Économie : L’Amérique latine et les Caraïbes freinées par la dette et l’incertitude
Selon un nouveau rapport de la Banque mondiale, la région Amérique latine et Caraïbes devrait enregistrer une croissance de 2,2 % en 2026. Si la dette élevée et l’incertitude économique pèsent sur les perspectives, l’adoption de l’intelligence artificielle pourrait bien devenir le moteur d’une transformation productive.
Publié le 6 octobre, le rapport Latin America and the Caribbean Economic Update révèle que la croissance régionale moyenne masque des performances très disparates. Les pays ayant entrepris des réformes fiscales, renforcés leurs institutions et encouragé l’investissement privé s’en sortent nettement mieux. El Salvador et le Paraguay continuent de surpasser la moyenne régionale, soutenus par l’amélioration de la sécurité et la consolidation budgétaire. Le Panama et la République dominicaine affichent également une croissance solide. Fait notable, l’Argentine devrait connaître trois années consécutives de croissance de 2025 à 2027, une première en près de vingt ans.
« L’Amérique latine et les Caraïbes ont le potentiel de réaliser une croissance plus forte et plus ambitieuse », a déclaré Susana Cordeiro Guerra, vice-présidente de la Banque mondiale pour la région.
Des vents contraires persistants
Le rapport met toutefois en garde contre plusieurs risques susceptibles de freiner l’activité. La volatilité des prix de l’énergie pourrait ralentir la baisse de l’inflation et maintenir des taux d’intérêt élevés, limitant ainsi l’accès au crédit et à l’investissement. Le poids de la dette et des paiements d’intérêts restreint également la capacité des gouvernements à financer l’investissement public. À cela s’ajoute le phénomène El Niño, qui pourrait perturber la production agricole et hydroélectrique, entraînant une hausse des prix alimentaires et énergétiques.
L’IA : un potentiel freiné par les compétences
Le rapport consacre une large part à l’impact de l’intelligence artificielle sur la productivité et l’emploi. Si l’IA progresse, son adoption reste timide : seulement 17 % des adultes en âge de travailler utilisent des outils d’IA générative, soit environ la moitié du taux observé aux États-Unis et au Canada. Les entreprises l’intègrent de plus en plus, mais peu l’incorporent à leurs opérations courantes. Les principaux freins ne sont pas le coût ou l’accès, mais le manque d’expertise managériale, de compétences et de capacité à se réorganiser.
« L’IA est déjà là. La question est de savoir si la région peut l’utiliser de manière productive », a souligné Carlos Rodriguez-Castelan, économiste en chef par intérim de la Banque mondiale pour la région. Le rapport indique qu’environ 8 % de la main-d’œuvre occupe des postes hautement qualifiés où l’IA peut accroître la productivité, tandis qu’environ 10 % travaillent dans des emplois cognitifs routiniers plus exposés à l’automatisation. Les emplois manuels routiniers, qui représentent un quart des travailleurs, sont également menacés par la baisse du coût du matériel d’automatisation.
Le « small AI » comme solution locale
Pour aider les pays à tirer parti de l’IA, la Banque mondiale recommande de renforcer les capacités des entreprises, de développer des formations techniques courtes et de moderniser les services numériques publics. Elle met en avant le potentiel du « small AI », des applications d’IA à faible coût et adaptées aux besoins locaux, qui pourraient soutenir l’éducation, la télémédecine et les services publics, tout en donnant aux petites entreprises et aux agriculteurs accès à une expertise souvent hors de portée. Pour la Banque mondiale, des politiques économiques cohérentes et des investissements dans la productivité seront essentiels pour créer de meilleurs emplois, augmenter les revenus et placer la région sur une trajectoire de croissance plus solide.
Related News
Mondial féminin de basket: cette fois, pas de regrets pour les Bleues écrasées par les ...
Sécurité routière : 27 morts sur les routes de Guadeloupe depuis le début de l’année
Guadeloupe : les prix à la consommation augmentent de 0,4 % en août