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Le Musée National du Patriarcat s’installe au Gosier samedi

08 October 2026
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Imaginé par l'association "En avant toute(s)", engagée dans la lutte pour l'égalité des genres et contre les violences sexistes et sexuelles, le Musée National du Patriarcat propose durant dix jours à l'Art s'en Mêle,"C'était vraiment mieux avant? "une immersion dans un monde fictif où le patriarcat ne serait plus qu'un vestige du passé.

Et si le patriarcat appartenait définitivement à l'Histoire ? C'est le pari audacieux du Musée National du Patriarcat, qui sera inauguré samedi partir de 18 heures à la Galerie L'Art S'en Mêle, au Gosier. Imaginée par l'association "En avant toute(s)", cette exposition immersive et engagée utilise l'humour, l'art et le détournement pour interroger les inégalités, les stéréotypes et les violences de genre. Le Musée National du Patriarcat est un projet artistique et militant. À l'origine de cette initiative, l'association "En avant toute(s)", engagée depuis 2013 dans la lutte pour l'égalité des genres et contre les violences sexistes et sexuelles. Fondée par Ynaée Benaben et Thomas Humbert, la structure mène notamment des actions de prévention et d'accompagnement à destination des jeunes, des femmes et des personnes LGBTQIA+, victimes ou témoins de violences. Parmi ses dispositifs figure le tchat national Commentonsaime.fr, un espace gratuit et anonyme animé par des professionnel les formé(es) aux questions de violences et de discriminations. Les personnes qui s'y connectent peuvent y trouver une écoute, des informations et un accompagnement sans jugement. Avec le Musée National du Patriarcat, l'association a choisi un autre terrain d'action : celui de l'art, de l'humour et de la mise en scène. Porté avec l'agence Artefact 3000, le projet propose de regarder notre époque depuis un futur imaginaire dans lequel le patriarcat aurait disparu.

Les vestiges d'un monde ancien

Le principe de l'exposition repose sur un renversement de perspective. Les visiteurs sont invités à découvrir les traces d'une société passée où les inégalités, les stéréotypes de genre, les violences sexistes et certains rapports de domination faisaient encore partie du quotidien. Objets, habitudes, expressions ou phénomènes sociaux sont ainsi présentés comme les reliques surprenantes d'une époque désormais révolue. Certains objets ordinaires deviennent des pièces de musée, à l'image de produits ou de symboles associés aux injonctions imposées aux femmes ou aux inégalités entre les genres. Ce décalage permet de porter un regard différent sur des réalités encore très actuelles. Ce qui paraît familier aujourd'hui devient étrange, absurde, voire incompréhensible lorsqu'il est présenté comme un vestige appartenant à un passé lointain. L'exposition ne se contente toutefois pas de dénoncer. Elle met également en lumière les résistances féministes et queer, les mobilisations collectives et les combats qui ont permis, ou permettent encore, de faire évoluer les mentalités et les rapports sociaux.

L'humour comme outil de sensibilisation

Le Musée National du Patriarcat fait de l'humour et de la dérision de véritables outils de sensibilisation. En détournant les codes du musée traditionnel, l'exposition invite le public à regarder les inégalités et les mécanismes sexistes comme les vestiges d'un monde que l'on souhaiterait révolu. Cette mise à distance permet d'aborder des sujets graves tout en ouvrant le dialogue et la réflexion. Inscrit dans les actions menées par En avant toute(s), le projet soutient la prévention et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. À la fois espace culturel, outil pédagogique et levier de mobilisation, il porte un message résolument tourné vers l'avenir : les rapports de domination ne sont pas immuables. Pour son inauguration au Gosier, la découverte de l'exposition sera accompagnée de temps d'échanges, de propositions artistiques et musicales, en présence des marrainesClémence Botino et Charlotte, créatrice du compte @mangeusedherbe. En plaçant symboliquement le patriarcat derrière les vitrines d'un musée, l'exposition transforme ainsi l'art en espace de réflexion, de contestation et d'imagination collective, avec l'espoir qu'un jour certaines inégalités ne soient plus que de lointains souvenirs.

Michèle SILMON