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Blocus de Cuba : l’ONU vote une 34e condamnation, malgré le lobbying agressif des Américains

30 October 2026
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Ce mercredi (28 octobre), l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies (ONU) a de nouveau condamné l'embargo imposé par les États-Unis à Cuba. La résolution recueille 130 voix pour, 25 abstentions et 17 voix contre. Washington avait pourtant mené une campagne diplomatique intense pour la faire échouer.

Pour la 34e fois depuis 1992, l'Assemblée générale demande aux États-Unis de mettre fin à leur embargo contre Cuba. Les États-Unis et Israël figurent parmi les 17 pays qui ont voté contre. Le soutien recule néanmoins. Le texte avait recueilli 165 voix pour, 7 contre et 12 abstentions en 2025. Dix pays de plus s'y opposent donc cette année et treize de plus s'abstiennent. Ce vote n'est pas contraignant. Seul le Congrès américain peut modifier la loi Helms-Burton de 1996, qui encadre l'embargo.

Mike Waltz, l'homme de la campagne américaine

L'ambassadeur américain à l'ONU, Mike Waltz, a mené une campagne plus intense que celle de l'an dernier. Il aurait fait changer de position une vingtaine d'États. La semaine dernière, il a réuni des opposants et des chercheurs cubains, puis donné une conférence de presse avec le directeur de Freedom House, une organisation américaine de défense des libertés. Il y a invité les diplomates à examiner le bilan de La Havane avant de voter. Ses arguments portaient sur les prisonniers politiques, les missions médicales cubaines à l'étranger, la corruption et le poids de GAESA, le conglomérat économique contrôlé par l'armée cubaine.

Cuba dénonce des menaces, sans preuve à l'appui

Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez, affirme que des responsables américains ont menacé de droits de douane, de refus de visas et de coupes dans l'aide les pays qui ne voteraient pas avec Washington. Il n'a présenté aucune preuve. Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a en revanche publiquement sollicité plusieurs dirigeants latino-américains, dont le Salvadorien Nayib Bukele.

Mardi, un face-à-face qui interrompt la séance

Les tensions sont apparues dès le premier jour du débat. Bruno Rodríguez et Mike Waltz se sont affrontés mardi, ce qui a obligé à suspendre brièvement la séance. Le chef de la diplomatie cubaine s'est approché de l'ambassadeur pendant qu'il montrait des images de corruption présumée. " Tu es un menteur ", lui a-t-il lancé. Un incident a suivi : un diplomate cubain aurait tenté d'empêcher un collaborateur de Mike Waltz de le filmer. Selon l'ambassadeur, qui s'est exprimé sur la chaîne Fox News, Marco Rubio a approuvé l'expulsion de ce diplomate.

Le Mexique et l'Inde maintiennent leur soutien

Plusieurs pays alliés de Washington n'ont pas cédé. Le Mexique estime que les mesures unilatérales visant à peser sur un État souverain sont incompatibles avec la Charte de l'ONU. L'Inde souligne que les pénuries de carburant touchent la santé, l'éducation, l'eau et les transports à Cuba. D'autres ont toutefois basculé. La Lituanie, la Slovénie et les Émirats arabes unis, jusque-là favorables à la résolution, ont voté contre. L'Allemagne, l'Italie et la Lettonie, elles, se sont abstenues pour la première fois en 34 ans. Dans la Caraïbe, le Costa Rica, la Colombie, Trinidad-et-Tobago, le Honduras et le Chili, qui soutenaient traditionnellement Cuba, ont voté contre ou se sont abstenus. Les sources consultées ne précisent pas le choix exact de chaque pays.

Cuba, entre sanctions et menaces

La Havane chiffre à plus de 8 milliards de dollars les pertes causées par les sanctions américaines. Washington a menacé de taxer à 30 % les pays qui livrent du carburant à l'île, créé des sanctions secondaires contre les entreprises étrangères qui y travaillent et multiplié les restrictions de visa. Vendredi, Marco Rubio a proposé aux dirigeants cubains un " partenariat discret " avec la CIA, l'agence américaine de renseignement. Une manière pseudo subtile d'agiter la menace d'opérations secrètes. Donald Trump a évoqué, en Floride, un passage de navires de guerre au large de Cuba, au retour du Moyen-Orient. Autre argument de Washington : la présence de Cubains qui combattent pour la Russie en Ukraine. La Havane réfute tout soutien officiel et indique que 43 personnes ont été jugées dans 12 procédures, avec des peines requises de 5 à 16 ans de prison.