Route du Rhum : David Ducosson prêt à prendre le large après des réparations de dernière minute
À quelques jours du départ de la Route du Rhum, le skipper de 54 ans a terminé les réparations de son trimaran Trilogik et validé son contrôle de sécurité. Pour sa troisième participation, il espère rallier Pointe-à-Pitre après une préparation perturbée par un incident en mer et les intempéries.
La préparation de David Ducosson a connu quelques imprévus avant le départ de la Route du Rhum 2026. Le skipper guadeloupéen, engagé en catégorie Vintage Multi à bord de son trimaran Trilogik, a dû revoir son programme après avoir endommagé un flotteur pendant son convoyage vers Saint-Malo. À quelques jours du départ, prévu le 1er novembre, les réparations sont toutefois terminées et le contrôle de sécurité a été validé.
À 54 ans, père de deux enfants, le marin s'apprête à prendre le départ de sa troisième Route du Rhum, la deuxième à bord de ce bateau. Une traversée de l'Atlantique en solitaire qu'il prépare avec un objectif : rejoindre la Guadeloupe et retrouver les siens.
Un flotteur endommagé pendant le convoyage
Avant de rejoindre Saint-Malo, le trimaran était basé à Port-Médoc, dans le sud-ouest de la France, en face de Royan. C'est pendant le convoyage vers le port de départ que l'incident s'est produit.
" On a tapé un objet dans l'eau, on ne sait pas trop quoi. On n'a rien vu, rien entendu ", raconte David Ducosson. Ce n'est que le matin du deuxième jour de navigation que l'équipage a constaté des dommages sur le flotteur tribord.
À son arrivée, le skipper a choisi de se rendre directement au chantier, plutôt que d'attendre la parade des bateaux, afin d'évaluer l'étendue des dégâts et de vérifier si de l'eau s'était infiltrée dans le flotteur. Le diagnostic s'est révélé relativement rassurant : les dommages n'étaient pas trop importants.
Mais la réparation a pris plus de temps que prévu. Les deux épisodes de mauvais temps survenus à Saint-Malo ont retardé les travaux, notamment les opérations de stratification, qui nécessitent des conditions sèches.
" Ça nous a énormément retardés ", reconnaît le Guadeloupéen. À ces réparations se sont ajoutés les préparatifs du contrôle de sécurité, eux aussi décalés par l'incident. Désormais, les étapes indispensables sont franchies. " On a finalisé notre contrôle de sécurité. Ça y est, c'est fini ", souffle-t-il, soulagé.
" Il faut avoir peur ", confie le skipper
Une fois la ligne de départ franchie, David Ducosson devra composer avec les difficultés d'une traversée de l'Atlantique en solitaire. Parmi les premières étapes délicates, la sortie de la Manche, en raison du trafic maritime, puis le golfe de Gascogne, où les coups de vent peuvent compliquer la progression des navigateurs.
" On n'a pas envie de trop traîner dans ce coin-là ", explique-t-il. Après ces passages, l'objectif sera de trouver les conditions permettant de progresser vers les Antilles et de rallier Pointe-à-Pitre.
Seul en mer, à plusieurs milliers de kilomètres des côtes, le skipper sait que les journées ne se ressemblent pas. Les moments de plaisir, lorsque le bateau glisse sur l'eau ou que des dauphins accompagnent sa navigation, alternent avec les difficultés techniques et les périodes de tension.
Il ne cache pas non plus ses appréhensions. " Pour moi, en tout cas, oui, bien sûr ", répond-il lorsqu'on l'interroge sur la peur. Les tempêtes, les orages et les collisions avec d'autres bateaux figurent parmi les dangers qu'il redoute le plus. " Je pense que la peur, c'est quelque chose de très sain. Ça évite de faire des bêtises. Il y a une différence entre avoir peur et paniquer. "
Pour lui, l'essentiel est de rester capable d'agir, même lorsque la pression monte.
" J'ai hâte d'arriver et de les retrouver "
Au-delà du défi sportif, cette Route du Rhum représente aussi un retour attendu au pays. Installé dans l'univers de la course au large, David Ducosson fait également vivre son trimaran en Guadeloupe en proposant des sorties à la journée, pour faire découvrir la navigation sur un multicoque de course.
Avant même de quitter Saint-Malo, il pense à ceux qui l'attendent sur son île. Le skipper évoque notamment les difficultés rencontrées par une partie de la population, entre blocages, grèves et problèmes d'accès à l'eau.
" C'est mon pays, je l'adore, mais on sait que ce n'est pas le paradis. J'ai une pensée pour tous les gens qui sont dans la galère, qui n'ont pas d'eau, qui n'ont pas de boulot. Je pense à tous mes compatriotes ", confie-t-il.
Son objectif est désormais clair : prendre le départ le 1er novembre, mener son bateau jusqu'aux Antilles et retrouver la Guadeloupe. " J'ai hâte d'arriver et de les retrouver. "
Related News
La réélection de Lula déclenche des violences, des partisans de Bolsonaro s’en prenne...
À Saint-Malo, Cap Créole part à la conquête de l'Hexagone
L'OECO franchit une étape majeure vers un enseignement supérieur sans frontières