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Cancer de la prostate et du sein : le traitement Zoladex perd son remboursement

01 October 2026
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À compter du 15 décembre 2026, les implants Zoladex, utilisés dans le traitement du cancer de la prostate et du cancer du sein hormonodépendant, ne seront plus remboursés par l’Assurance maladie. Une décision qui émane directement du laboratoire AstraZeneca, sur des motifs purement économiques.

Les arrêtés publiés au Journal officiel du 2 juillet 2026 entérinent la radiation des implants sous-cutanés Zoladex 3,6 mg et 10,8 mg, à base de goséréline, de la liste des spécialités remboursables aux assurés sociaux. Cette mesure prendra effet le 15 décembre 2026. Jusqu’au 14 décembre inclus, les deux présentations restent prises en charge à 100 % par la Sécurité sociale, aux prix réglementés de 86,03 euros pour le dosage à 3,6 mg et de 256,66 euros pour celui à 10,8 mg.‌ Au-delà de cette date, le médicament restera disponible en pharmacie, mais l’intégralité du coût sera à la charge des patients.‌

La demande de radiation émane directement du laboratoire AstraZeneca. Aucune nouvelle donnée clinique ne vient modifier l’évaluation du service médical rendu de ce traitement. Le laboratoire justifie sa décision par des motifs économiques : « dans un marché français qui ne s’adapte pas assez pour rester compétitif et attractif, le prix actuel de ZOLADEX ne permet plus d’assurer sa mise à disposition pérenne dans le cadre du remboursement ».‌ Zoladex est le seul médicament à base de goséréline commercialisé en France. Il est indiqué chez l’adulte dans le traitement du cancer de la prostate métastasé, en adjuvant à la radiothérapie externe dans le cancer de la prostate localement avancé et dans le cancer du sein métastatique hormono-dépendant de la femme préménopause.‌

D’autres analogues de la GnRH, comme la leuproréline (Enantone) ou la triptoréline (Decapeptyl), restent intégralement remboursés et peuvent prendre le relais. Cependant, le changement n’est pas anodin pour tous les patients.

Un paradoxe après la loi sur le cancer du sein

Cette décision intervient quelques mois seulement après la publication du décret d’application de la loi du 5 février 2025 visant à améliorer la prise en charge des soins et dispositifs spécifiques au traitement du cancer du sein. Le décret du 13 février 2026 précise les modalités du parcours de soins global destiné aux personnes recevant ou ayant reçu un traitement pour un cancer. Un contraste qui interroge, alors que la prise en charge des patientes atteintes de cancer du sein était présentée comme une priorité.‌

Le délai de plusieurs mois entre l’annonce et l’entrée en vigueur doit permettre aux patients de consulter leur médecin pour envisager un relais. Les pharmaciens sont invités à informer les patients et à les orienter vers leur prescripteur, sans interruption du traitement. Le choix du relais et son calendrier relèvent du médecin, en fonction de la situation clinique de chaque patient.