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Cuba contraint de fermer sa plus grande mine de zinc sous la pression des sanctions américaines

03 November 2026
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Asphyxié par la paralysie logistique, les coupures d'électricité et le durcissement des sanctions américaines, le gouvernement cubain a ordonné la fermeture temporaire du gisement de Castellanos, à Pinar del Río.

Le ministère de l'Énergie et des Mines cubain a formalisé la suspension provisoire du projet polymétallique Castellanos-Santa Lucía, situé à Minas de Matahambre, dans la province de Pinar del Río. Publié au Journal officiel le 2 octobre 2026 et rendu public le 27 octobre 2026, le décret étatique impose la mise en pause des opérations de l'entreprise mixte Minera del Caribe (Emincar) jusqu'au 30 janvier 2027. Si La Havane invoque des " causes externes " liées au déficit énergétique national et aux blocages logistiques, la crise remonte à juin dernier. À cette date, le négociant néerlandais Trafigura, partenaire privé d'Emincar, a interrompu ses expéditions de minerai vers les fonderies chinoises. En cause : le placement sur la liste noire américaine du partenaire d'État cubain Geominera, détenteur de 51 % des parts de la société. En application du décret américain du 1er mai 2026, l'OFAC à savoir, le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (département du Trésor des États-Unis) sanctionne désormais toute entité étrangère commerçant avec les entreprises d'État cubaines. Le site de Castellanos assurait pourtant une capacité de production annuelle de 100 000 tonnes de concentré de zinc et de 50 000 tonnes de plomb, quasi intégralement destinées au marché chinois.

La colère et la détresse sociale de la population de Pinar del Río

Sur le terrain, la décision suscite une vive amertume chez les habitants de Minas de Matahambre. L'arrêt de l'exploitation prive des milliers de travailleurs de leur emploi et des primes salariales accordées par l'entreprise mixte, vitales dans un contexte économique asphyxié. Sur les réseaux sociaux, les réactions oscillent entre désarroi social et dénonciation écologique. Plusieurs riverains rappellent que l'industrie lourde a laissé des séquelles environnementales majeures dans la région, sans que les retombées financières directes ne profitent à la population locale, captées par l'État central. Dans la foulée de cette fermeture, le gouvernement a également annulé la concession d'exploration géologique d'Arcilla Malcasado accordée à l'entreprise d'État Geominera Pinar del Río, remettant le périmètre sur le marché pour de futures demandes d'exploitation.

L'effet domino des sanctions de Washington sur l'ensemble du secteur

La paralysie de Castellanos s'inscrit dans une offensive plus large de l'administration américaine contre les ressources minières du régime cubain. La société mixte Minera La Victoria subit un blocage similaire : la firme australienne Antilles Gold a suspendu sa gestion du gisement de cuivre et d'or de Nueva Sabana, à Ciego de Ávila, tandis que le constructeur chinois a interrompu le chantier. Antilles Gold tente aujourd'hui de négocier avec le département d'État américain la cession de 51 % de sa filiale à des investisseurs soumis à la juridiction des États-Unis pour obtenir une licence d'exploitation. Le constat est tout aussi critique pour le géant canadien Sherritt International, partenaire de Cuba dans le complexe de nickel et de cobalt de Moa, à Holguín, dont les opérations avaient été suspendues en mai 2026. Un premier assouplissement est intervenu le 20 octobre 2026 : l'OFAC a délivré une autorisation d'urgence permettant le transport de carburant et de soufre vers Moa, à la suite d'un accord préliminaire avec des investisseurs américains visant à débloquer les contentieux juridiques sur le site.