Arnaque au faux conseiller bancaire : les montants volés bondissent de 34 % en 2025
Les fraudeurs ont dérobé 516 millions d’euros en 2025 via les escroqueries par manipulation, en hausse de 34 % sur un an. Un record porté par les fuites de données et les techniques d’hameçonnage toujours plus sophistiquées, alors que le montant total des fraudes aux moyens de paiement atteint 1,24 milliard d’euros.
Le scénario est toujours le même : un appel ou un message d’un faux conseiller bancaire, une urgence, tentative de fraude en cours, carte bloquée et une demande de validation d’opération. La victime, trompée par la crédibilité de l’interlocuteur, valide un virement ou une autorisation de paiement. Ce type d’escroquerie, que l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) de la Banque de France qualifie de « fraude par manipulation », a explosé en 2025.
Selon les chiffres publiés lundi 7 septembre, les montants volés par ce biais ont bondi de 34 % pour atteindre 516 millions d’euros. Une progression fulgurante qui intervient après plusieurs années de stagnation. Dans le même temps, le montant total de fraude aux moyens de paiement a progressé de 3,8 % à 1,24 milliard d’euros, malgré une baisse de 8 % du nombre de transactions frauduleuses. Les escroqueries par manipulation représentent désormais plus de 40 % de l’ensemble de la fraude, contre 32,1 % en 2024.
Des fuites de données qui alimentent l’hameçonnage
Le succès de ces arnaques tient en grande partie aux fuites de données personnelles. Les fraudeurs utilisent des informations réelles, numéros de compte, numéros de Sécurité sociale, coordonnées, pour donner du crédit à leurs messages. « Vous recevez dans votre boîte mail un message de votre conseiller qui vous alerte d’une tentative de fraude avec un lien pour le régler. C’est suspect, oui, mais dans ce mail, il y a aussi votre vrai numéro de compte », explique un expert.
Cette technique d’hameçonnage, après plusieurs années de stagnation, est repartie à la hausse, alimentée par la multiplication des violations de données. Les banques peinent à endiguer un phénomène qui repose sur la crédulité des victimes plutôt que sur la vulnérabilité des systèmes de paiement.
Les banques appellent les plateformes à la rescousse
Face à cette déferlante, la Fédération bancaire française (FBF) a réagi. Dans un communiqué, « relance son appel à destination des acteurs du numérique et des télécoms à se mobiliser de manière opérationnelle pour prévenir, détecter et empêcher la diffusion massive d’escroqueries ». Les banques réclament un retrait plus rapide des contenus frauduleux, un meilleur contrôle des annonceurs et un renforcement du filtrage des messages et appels usurpés. Un appel qui s’adresse notamment aux géants du web, aux opérateurs télécoms et aux plateformes de messagerie, dont les outils sont régulièrement détournés par les fraudeurs.
La carte bancaire résiste, les nouveaux usages s’imposent
Malgré la montée des arnaques, les paiements par carte bancaire restent largement majoritaires. L’OSMP note que le taux de fraude de la carte bancaire est tombé à 0,047 % en 2025, son plus bas niveau historique. Le paiement par mobile poursuit sa progression et représente désormais près d’un paiement de proximité par carte sur cinq. Les virements instantanés gagnent également du terrain : ils concernent près d’un virement sur six, en hausse de 78 % sur un an. En revanche, les paiements par chèque ne représentent plus que 1,9 % des paiements scripturaux, une lente agonie qui se poursuit.
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