Cancer du sein : des prothèses aux séances de psy, ces soins que les femmes attendent toujours
Crèmes onéreuses, sous-vêtements adaptés, prothèses mammaires… Autant de frais qui s’accumulent lorsqu’on est atteinte d’un cancer du sein, pour des sommes pouvant atteindre des milliers d’euros par an. Une loi promulguée en février 2025 prévoyait leur remboursement. Un an plus tard, les décrets d’application sont toujours bloqués à Bercy.
Véronique Miallier, présidente d’une association d’aide aux malades, a été touchée par un cancer du sein en 2013. Elle connaît bien ce parcours d’obstacles. « Du jour au lendemain, vous êtes mutilée, votre image est totalement dégradée. Psychologiquement, c’est très compliqué. Vous voulez voir un psychologue ? Ce n’est pas remboursé. Vous voulez vous faire masser pour soulager les douleurs ? Comptez 50 euros ». Elle résume au micro de FranceInfo l’absurdité de la situation : « Rien n’est remboursé » Les frais concernent pourtant des soins essentiels : crèmes et vernis spéciaux pour les corps abîmés par la chimiothérapie, sous-vêtements adaptés après une mastectomie, prothèses mammaires à renouveler régulièrement, séances de kinésithérapie, de psychothérapie, ou encore de sport adapté. En moyenne, chaque femme doit débourser 1 400 euros par an de sa poche.
Une loi votée en 2025, mais jamais appliquée
En février 2025, une loi a été promulguée pour prendre en charge ces soins et dispositifs. Le texte avait été soutenu par « un arc politique très large », a rappelé Fabien Roussel lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale, citant notamment la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet. Mais un an plus tard, les décrets d’application, indispensables pour entrer en vigueur, sont toujours bloqués. « La loi a été promulguée, mais il manque toujours les décrets », dénonce le secrétaire national du PCF. Selon les élus communistes, ces décrets sont bloqués à Bercy en raison de « leurs impacts budgétaires ». « Nous demandons de la volonté politique », a ajouté Yannick Monnet. Pendant ce temps, ce sont 700 000 femmes qui sont touchées par le cancer du sein en France et qui continuent de financer seules des soins qui devraient être remboursés.
Face à l’immobilisme, Fabien Roussel et des parlementaires communistes ont lancé une pétition pour exiger l’application immédiate de la loi. L’objectif est de faire pression sur le gouvernement afin que les décrets paraissent sans délai. « Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps », insistent les élus. Pour les associations de patientes et les milliers de femmes concernées, l’attente est déjà trop longue. « On a voté une loi, il serait temps qu’elle s’applique », conclut Véronique Miallier.
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