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Cuba : un premier marché de gros ouvre à Sancti Spíritus, avec un minimum d’achat de 200 dollars

15 October 2026
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Inauguré le 10 octobre, ce nouveau marché commercialise notamment du riz, des produits d’hygiène et des boissons. Les particuliers peuvent y acheter des marchandises, à condition de dépenser au moins 24 000 pesos cubains. Dans la même ville, une entreprise publique de viande ouvre son premier magasin de détail en monnaie nationale.

Cuba expérimente une nouvelle forme de distribution. Le samedi 10 octobre 2026, la ville de Sancti Spíritus, dans le centre du pays, a inauguré le premier marché de gros de ce type sur l’île. Installé dans les anciens locaux de l’imprimerie du journal Escambray, le marché est géré par ITH, une entreprise publique cubaine chargée notamment de fournir des marchandises au secteur touristique. Sa particularité : il accueille aussi bien des entreprises que des particuliers. Les acheteurs n’ont pas besoin de signer un contrat commercial préalable, mais doivent s’enregistrer comme clients. Le marché rassemble des marchandises provenant d’une entreprise publique, de trois micro, petites et moyennes entreprises privées et d’une société étrangère. L’opérateur ITH entend diversifier les circuits de vente et élargir l’offre disponible.

24 000 pesos minimum : une ouverture sous conditions

L’accès au marché est soumis à un seuil de 200 dollars, soit 24 000 pesos cubains au taux de 120 pesos pour un dollar. Ce montant minimal avait été annoncé à 300 dollars lors des préparatifs de l’ouverture, avant d’être abaissé. Les paiements peuvent s’effectuer en espèces ou par des moyens électroniques. Les modalités monétaires varient toutefois selon les marchandises et les fournisseurs : certains produits sont commercialisés en pesos, tandis que des ventes en devises sont également prévues. Le gouvernement présente ce nouveau circuit comme un moyen de regrouper les produits et de proposer des tarifs plus compétitifs que ceux du marché informel. Mais cette ambition ne suffit pas à établir que les marchandises seront effectivement moins chères pour les consommateurs. Le seuil minimal d’achat représente aussi un frein pour les ménages qui ne disposent pas de 24 000 pesos immédiatement mobilisables. L’accès théorique des particuliers ne garantit donc pas un accès réel à l’ensemble de la population.

Les coupures de courant, un obstacle à la conservation des produits

Le fonctionnement du marché se heurte déjà à une difficulté matérielle : l’absence de système électrique de secours pour les équipements frigorifiques, alors que le secteur est particulièrement touché par les coupures de courant. L’entreprise agro-industrielle municipale figure parmi les principaux fournisseurs. Elle prévoit notamment de vendre des produits carnés à environ 6 dollars le kilogramme, ainsi que du riz et du sel. D’autres denrées, dont les haricots, doivent être proposées lorsque les conditions d’approvisionnement et de conservation le permettront. Le risque est particulièrement important pour les produits frais. La disponibilité des marchandises, la continuité de la chaîne du froid et la régularité des livraisons pèseront sur la capacité du marché à tenir ses promesses. Un deuxième établissement est annoncé à Trinidad, dans la même province, mais aucune date précise d’ouverture n’est confirmée dans les informations disponibles au 13 octobre.

Une entreprise publique vend aussi directement aux consommateurs

En parallèle, l’entreprise provinciale de viande de Sancti Spíritus a ouvert son premier magasin de détail en monnaie nationale. L’enseigne commercialise notamment des sous-produits comestibles de bœuf. Certains morceaux sont vendus en paquets de deux kilogrammes, entre 850 et 900 pesos cubains. Le paiement s’effectue exclusivement par voie électronique. Pour éviter que certains clients n’achètent des produits en grande quantité afin de les revendre, les achats sont limités à deux unités de chaque type de produit par personne. Cette ouverture s’inscrit dans les 176 transformations économiques et sociales approuvées par les autorités cubaines en juin 2026, qui permettent notamment aux entreprises publiques de développer leurs propres points de vente.

La direction de l’entreprise estime que la vente directe peut réduire les coûts en raccourcissant la chaîne de commercialisation. L’effet sur les prix et le pouvoir d’achat reste toutefois à apprécier au regard des revenus des ménages. Avec ces deux ouvertures, les autorités cubaines cherchent à faciliter la vente des marchandises en multipliant les circuits de distribution. Mais pour que ces nouveaux commerces répondent aux besoins de la population, encore faut-il que les produits soient disponibles, que leurs prix restent abordables et que les coupures de courant ne compromettent pas leur conservation.