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Élections municipales à Pointe-Noire : le tribunal valide la victoire de Camille Élisabeth

10 June 2026
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Saisi par le candidat battu Thierry Jean-Charles, le tribunal administratif de la Guadeloupe a rendu sa décision le 9 juin 2026. Le juge a rejeté l’ensemble des griefs invoqués et confirmé l’élection de Camille Élisabeth à la mairie de Pointe-Noire.

Candidat malheureux aux élections municipales du 15 mars 2026 à Pointe-Noire, Thierry Jean-Charles avait saisi le tribunal administratif de la Guadeloupe pour faire annuler le scrutin. Dans sa requête, il dénonçait plusieurs irrégularités : un post Facebook et Instagram jugé trop promotionnel, une affiche électorale apposée sur un véhicule de propagande, ainsi que des soupçons d’achat de votes et de manœuvres frauduleuses dans les bureaux de vote. Dans un jugement rendu le 9 juin 2026, la 1re chambre du tribunal, présidée par M. Frank Ho Si Fat, a rejeté l’ensemble des conclusions du requérant, validant ainsi la victoire de la liste « Nouvel Élan Pointe-Noirien » menée par Camille Élisabeth.

Le premier grief portait sur une publication diffusée le 5 mars 2026 sur le compte officiel de la commune de Pointe-Noire, mettant en avant une subvention obtenue en 2022, accompagnée du slogan de la liste de M. Élisabeth. Le requérant y voyait une campagne de promotion interdite en période électorale. Le tribunal a cependant rappelé que cette publication était une étape obligatoire de la procédure d’attribution des aides d’État et qu’elle n’était restée en ligne que trois jours. Surtout, compte tenu de l’écart de voix, 2 058 voix pour M. Élisabeth contre 767 pour M. Jean-Charles, soit une différence de 1 291 suffrages, le juge a estimé que ce post « ne saurait constituer, à elle seule, une campagne de promotion publicitaire » et n’avait pas exercé « d’influence significative sur les résultats ».

Une affiche sur une voiture, mais pas de preuve d’un impact massif

Jean-Charles dénonçait également l’utilisation, tout au long de la campagne, d’une voiture de propagande arborant l’affiche électorale de la liste adverse, en dehors des emplacements réservés. Si le tribunal a reconnu que cet affichage était irrégulier, il a toutefois jugé que son « caractère massif et prolongé n’est pas établi ». Là encore, l’écart de voix a pesé dans la balance : une infraction mineure ne saurait, dans ce contexte, « altérer la sincérité du scrutin ».

Le grief le plus grave concernait des soupçons de corruption électorale. M. Jean-Charles affirmait que M. Élisabeth avait pris en charge des billets d’avion pour des électeurs résidant dans l’Hexagone et que des sommes d’argent avaient été versées en échange de suffrages. Mais sur ce point, le tribunal a été sans appel : « Aucune de ses allégations n’est corroborée par les pièces du dossier ». Le requérant n’a notamment pas produit la pièce n°3, annoncée dans sa requête, qui devait contenir les preuves de ces achats de billets. Le moyen a donc été « écarté comme manquant en fait ».

Un électeur handicapé accompagné « moins de deux secondes »

Enfin, M. Jean-Charles dénonçait une manœuvre frauduleuse : un électeur aurait été conduit derrière l’isoloir par un membre du bureau de vote figurant en deuxième position sur la liste de M. Élisabeth. Le tribunal a rétabli les faits. Selon le procès-verbal, cet électeur a été accompagné « moins de deux secondes » en raison de son handicap. Aucune autre irrégularité n’a été relevée dans les procès-verbaux des bureaux de vote. Le grief a donc été écarté.

Jean-Charles avait demandé que M. Élisabeth soit condamné aux frais de justice. Celui-ci, de son côté, réclamait 3 000 euros à son adversaire. Le tribunal a débouté les deux parties, considérant qu’il n’y avait pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, d’accorder l’une ou l’autre des demandes. Finalement, le tribunal administratif de la Guadeloupe a rejeté la requête de Thierry Jean-Charles dans son intégralité et confirmé l’élection de Camille Élisabeth à la tête de la commune de Pointe-Noire. Le jugement, rendu le 9 juin 2026, est désormais exécutoire.