États-Unis : la diaspora caribéenne signe une vague de victoires historiques lors des midterms
Des racines jamaïcaines, haïtiennes, cubaines ou encore guyaniennes. Lors des élections de mi-mandat de ce mardi aux États-Unis, les candidats caribéens-américains ont décroché une série de succès inédits.
La percée la plus spectaculaire est venue de Floride. Le républicain Byron Donalds, dont la famille maternelle est originaire de la Jamaïque, a remporté l’élection au poste de gouverneur. En battant le démocrate David Jolly, il devient le premier Afro-Américain à diriger l’État, succédant à Ron DeSantis. Le Maryland n’est pas en reste : le gouverneur démocrate Wes Moore, dont la mère est jamaïcaine, a été réélu pour un second mandat. Par ailleurs, dans les Îles Vierges américaines, Stacey Plaskett est entrée dans l’histoire en devenant la première femme élue gouverneure du territoire, avec environ 63 % des voix.
La représentation caribéenne au Capitole se renforce considérablement. À New York, la congressiste jamaïcaine-américaine Yvette Clarke a conservé son siège dans le 9e district de Brooklyn. Autre victoire symbolique : Darializa Ávila Chevalier a remporté le 13e district de New York, devenant la première femme dominicaine-américaine élue au Congrès. Au Colorado, Manny Rutinel (d’origine dominicaine) a battu le sortant républicain Gabe Evans, tandis qu’Analilia Mejía a été réélue dans le New Jersey, son père est de République dominicaine.
En Floride, l’influence cubaine-américaine reste prépondérante. Le républicain Carlos Giménez a été réélu avec environ 53 % des voix. Ses colistiers María Elvira Salazar et Mario Díaz-Balart sont également en tête dans des courses serrées. Fils d’exilés cubains, Bryan Ávila a été élu lieutenant-gouverneur aux côtés de Byron Donalds.
Les législatures d’État, bastion de la diaspora
Au niveau local, les élus d’origine caribéenne ont massivement conservé ou conquis des sièges. À Brooklyn, l’élue haïtienne-américaine Rodneyse Bichotte Hermelyn a battu son adversaire républicain d’origine grenadienne, Herman Hall. La sénatrice d’État d’origine guyanienne Roxanne Persaud, ainsi que les élus Monique Chandler-Waterman (ascendance jamaïcaine et barbadienne) et Jaime Williams (né à Trinité-et-Tobago) ont également validé leur réélection.
La Floride a été le théâtre d’une forte mobilisation haïtienne-américaine. L’ancienne sénatrice Daphne Campbell a fait son grand retour à la législature avec environ 81 % des voix. Le républicain Berny Jacques et le démocrate Mack Bernard ont tous deux conservé leurs sièges.
L’éducation et le niveau municipal à l’honneur
L’ascension politique de la diaspora se joue aussi au niveau des institutions locales. Dans le domaine de l’éducation, Linda Cothiere est devenue la première Haïtienne-Américaine élue au conseil scolaire du comté de Miami-Dade. Christina Romelus a réalisé le même exploit dans le comté de Palm Beach.
Sur le plan municipal, les maires d’origine jamaïcaine ont brillé : Denise Grant a conservé la mairie de Lauderhill avec un score écrasant d’environ 85 %, tandis que Samson Borgelin, né en Haïti, a été réélu maire de North Lauderdale. Kicia Daniel a également été réélue commissaire de la ville de Tamarac avec 65 % des suffrages.
Si toutes les courses n’ont pas été remportées par les candidats de la diaspora, plusieurs ayant essuyé des défaites ou se dirigeant vers des seconds tours en décembre, cette élection de mi-mandat restera comme un tournant. Dans un contexte de bascule nationale vers les démocrates, les Caribéens-Américains ont prouvé qu’ils étaient désormais une force électorale et politique incontournable, capable de s’imposer des deux côtés de l’échiquier politique.
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