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Faut-il être méchant en politique ?

20 April 2026
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Par Stéphanie VÉLIN [email protected]

Dans un amphithéâtre Lepointe bondé, l'historien a surtout invité à ouvrir l'œil face aux mots du pouvoir.
Dans un amphithéâtre Lepointe bondé, l'historien a surtout invité à ouvrir l'œil face aux mots du pouvoir. • STÉPHANIE VÉLIN

Invité le 15 avril à l'Université des Antilles autour du thème : « Qu'est-ce que la méchanceté en politique ? Lire le pouvoir avec Machiavel », Patrick Boucheron, historien, a moins disséqué un classique que soulevé une question urgente : comment relire aujourd'hui Machiavel, à l'heure des temps méchants ?

Des mots qui mettent K.-O., des poignées de main
aux airs de bras de fer, des personnalités humiliées devant les
caméras ou bien des adversaires réduits à des cibles : la
méchanceté en politique est un spectacle permanent. Pas forcément
divertissant. Et ce tant sur le plan local, qu'à l'échelle
internationale, à croire qu'il faut être méchant pour gouverner,
convaincre, ou l'emporter. C'est l'une des questions qui
traversaient en creux l'intervention de l'historien, Patrick
Boucheron à l'Université des Antilles le 15 avril dernier sur
la « méchanceté en politique ». Et c'est aussi à partir
de là qu'il faut, selon lui, revenir à Machiavel. Car le nom de ce
penseur italien du XVe siècle traîne encore tout un
imaginaire caricatural : complot, ruse, perfidie. Peu
d'auteurs ont vu leur nom quitter les livres pour devenir, dans la
langue courante, un adjectif à part entière. Kafka, Rabelais,
Proust ou même Orwell. Mais aucun d'eux n'évoque autant la terreur
que Machiavel. À part peut-être Sade. Au sadique, le machiavélique.
Et une question : que reste-t-il du débat démocratique quand
la méchanceté ne sert même plus seulement à blesser, mais à
s'emparer du pouvoir et le garder coûte que coûte ?

Machiavel contre...