Michèle SILMON

Jeudi soir s'est tenue à la salle Laura Flessel à Petit-Bourg, la première réunion publique à l'initiative des services du préfet Thierry Devimeux, en présence du maire David Nebor, de riverains, dans le cadre de la concertation autour du Plan national Sargasses 3.
Organisée dans le cadre de l'élaboration du futur plan Sargasses 3 (2027-2031), cette rencontre s'inscrit dans un dispositif plus large de consultations, à la fois locales et nationales. Une réunion de concertation coordonnée par les services de l'Etat, dédiée à la gestion de l'algue Sargassum et du plan Sargasse 3. Un choix loin d'être anodin, Petit-Bourg particulièrement exposée compte, à titre expérimental, parmi les plus engagés dans la lutte contre ce phénomène venu de l'Océan Atlantique Nord, et qui frappe la Caraïbe depuis 2011. Entre autres dispositifs, deux barrages test anti-sargasses sont actuellement déployés en mer sur plusieurs kilomètres. L'un des objectifs étant de tirer les leçons des dispositifs précédents, tout en intégrant les retours des habitants et des acteurs de terrain. Le préfet Thierry Devimeux a rappelé l'ampleur croissante du phénomène. Longtemps confinées à la mer des Sargasses, ces algues brunes circulent désormais à l'échelle de l'Atlantique sous l'effet du réchauffement climatique. En Guadeloupe, les échouements atteignent des niveaux records : près de 150 000 m³ ont été collectés en 2025, et les prévisions pour 2026 s'annoncent tout aussi préoccupantes.
Avec le Plan Sargasse 3, place à un changement de cap
Face à cette situation, les pouvoirs publics ont progressivement structuré leur réponse. Après un premier plan axé sur l'urgence, le ramassage et la limitation des échouements, puis un second intégrant des enjeux sanitaires liés aux émanations de gaz. Le futur plan Sargasses 3 (2027-2031) ambitionne de passer d'une logique de lutte à une véritable stratégie de gestion durable. Parmi les axes envisagés : l'amélioration des dispositifs de collecte, la valorisation des algues, le renforcement du suivi sanitaire, une gouvernance partagée, le soutien à la recherche et le développement de coopérations à l'échelle caribéenne, ainsi qu'une meilleure communication avec le grand public. Mais au-delà des orientations institutionnelles, cette concertation vise surtout à donner la parole aux habitants. Colères, constats, propositions, les témoignages recueillis doivent permettre d'ajuster l'action publique au plus près des réalités vécues. Car face à un phénomène désormais installé et appelé à durer, une certitude s'impose, seule une mobilisation collective, associant État, collectivités et population, permettra d'en atténuer durablement les impacts.

• Michèle SILMON
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