Le meurtrier-présumé du guadeloupéen Lilian Déjean à Grenoble avoue mais réfute l’intention de tuer
Deux ans après la mort du Guadeloupéen Lilian Déjean, agent municipal de Grenoble abattu le 8 septembre 2024 alors qu'il tentait d'empêcher un automobiliste de prendre la fuite après un accident, l'auteur présumé des tirs conteste toujours l'intention d'homicide. C'est ce qu'à révélé RMC.
Selon les informations divulguées par la radio RMC, face au juge d'instruction, Abdoul Diallo reconnaît sa responsabilité dans les faits, mais affirme avoir tiré sous l'effet de la panique et assure, à plusieurs reprises, qu'il n'a jamais voulu tuer. Ce matin-là, Lilian Déjean, 49 ans, intervient après un accident de la circulation. Abdoul Diallo, alors âgé de 25 ans, vient de percuter un véhicule après avoir roulé à vive allure. Selon ses propres déclarations, il est " sonné " après le choc et décide de fuir. Il reconnaît avoir montré à l'agent municipal le pistolet qu'il porte à la ceinture, expliquant qu'il ne pouvait pas rester sur place. Alors qu'il prend la fuite, Lilian Déjean le poursuit. Abdoul Diallo affirme avoir paniqué et tiré à deux reprises, à une vingtaine puis une trentaine de mètres de l'agent. "J'ai tiré par terre. Et la deuxième fois j'ai tiré dans sa direction", explique-t-il au magistrat. Avant d'insister : il ne cherchait "nullement à le toucher et le tuer" et ""en aucun cas" ne voulait atteindre la victime. Lilian Dejean sera pourtant mortellement touché.
"Rien ne l'empêchait de tirer en l'air"
Le suspect affirme également détenir l'arme depuis seulement une semaine, disant l'avoir achetée pour se protéger, après avoir été suivi et alors qu'il était déjà connu de la justice pour des faits de violences et de trafic de stupéfiants. Après les faits, Abdoul Diallo prend la fuite au Portugal, où il sera interpellé plus de deux mois plus tard. Il reconnaît aujourd'hui avoir commis "le choix idiot" de partir à l'étranger, affirmant avoir envisagé quotidiennement de se rendre. Mis en examen et placé en détention provisoire, notamment pour meurtre sur personne chargée d'une mission de service public, il conteste donc l'intention d'homicide. Pour Me Romain Ruiz, avocat de la famille Déjean, cette version ne suffit pas. "Rien n'empêchait Abdoul Diallo de tirer en l'air", estime-t-il, appelant le mis en cause à une "sincérité" complète. À ce stade, l'instruction se poursuit avant que Abdoul Diallo ne soit renvoyé devant la Cour d'Assises, où il devrait encourir la réclusion criminelle à perpétuité.
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