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Contraceptifs au désogestrel : 1,6 million de femmes alertées sur un risque de méningiome

10 September 2026
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L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a annoncé jeudi 10 septembre l’envoi d’un courrier nominatif à 1,6 million de femmes ayant pris un contraceptif à base de désogestrel, ainsi qu’à 90 000 médecins prescripteurs. Objectif : les informer d’un risque accru, de développer un méningiome.

À partir de cette semaine, quelque 1,6 million de femmes recevront un courrier nominatif de l’ANSM. Toutes ont pris, à un moment donné, un contraceptif à base de désogestrel seul (dosage 75 microgrammes) : Antigone, Cerazette, Elfasette, Optimizette et leurs génériques. Le courrier les informe d’un risque accru de méningiome lié à ce type de contraception. Dans le même temps, 90 000 médecins ayant prescrit ces contraceptifs recevront également une information de l’agence sanitaire.

Le courrier de l’ANSM liste les signes qui doivent conduire à consulter : « maux de tête persistants, troubles visuels, faiblesse musculaire, troubles de l’équilibre ou du langage, perte de mémoire, ou épilepsie nouvelle ou aggravée ». Ces symptômes peuvent en effet être liés à l’apparition d’un méningiome, une tumeur qui se développe à partir des méninges, les membranes entourant le cerveau. Une imagerie cérébrale (IRM) pourra alors être réalisée.

Un risque réel mais faible

Le Dr Isabelle Yoldjian, directrice médicale de l’ANSM, a tenu à rassurer lors d’un point presse : « Ce risque est faible, sans commune mesure avec celui de l’Androcur, qui était multiplié par vingt au bout de cinq ans ». Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon une étude du groupement Epi-Phare publiée en 2024, une femme sur 67 000 ayant pris du désogestrel développe un méningiome lié à ce contraceptif. Ce ratio grimpe à une sur 17 000 après cinq ans de traitement. Le risque est multiplié par deux au bout de sept ans de prise, mais disparaît un an après l’arrêt.

Certaines populations sont plus exposées : les femmes de plus de 45 ans et celles ayant déjà pris un progestatif considéré comme à risque (Androcur, Lutényl, Lutéran, Colprone, Depo Provera) pendant plus d’un an.

Ne pas arrêter sa contraception sans avis médical

L’ANSM insiste : il ne faut pas interrompre sa contraception sans consulter, au risque d’une grossesse non désirée. Les femmes concernées sont invitées à aborder le sujet avec leur médecin, leur gynécologue ou leur sage-femme lors de leur prochaine consultation de routine. Ce risque sera désormais inscrit dans les notices de ces contraceptifs, a décidé cet été l’Agence européenne des médicaments (EMA), saisie par l’agence française. L’ANSM met également en ligne une « foire aux questions » et rappelle que toute contraception doit être réévaluée chaque année « avec son médecin ou sa sage-femme », selon les besoins et l’état de santé de chacune.

Un méningiome est une tumeur qui se développe à partir des méninges, les membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière. Elle est bénigne dans 90 % des cas (grade I), atypique dans 9 % des cas (grade II) et maligne dans moins de 1 % des cas (grade III). Cette tumeur touche majoritairement les femmes (69 % des cas) et les personnes de plus de 50 ans (76 % des cas), même si les jeunes adultes peuvent aussi être concernés. Son évolution est lente : elle peut grossir pendant des mois, voire des années, et atteindre plusieurs centimètres avant d’être diagnostiquée. Selon sa localisation – hémisphères cérébraux, base du crâne, cervelet ou moelle épinière –, les symptômes varient considérablement.