La leptospirose continue de circuler en Guadeloupe. Selon les données publiées par Santé publique France, 88 cas ont été rapportés à l'Agence de santé de Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy en 2025. Parmi eux, 69 ont été confirmés par PCR et 19 considérés comme probables. Un patient est décédé au cours de l'année.
En 2025, le taux d'incidence de la leptospirose s'est établi à 23 cas pour 100 000 habitants, contre 27 cas pour 100 000 en 2024. Les données du Centre national de référence de la leptospirose font état de 93 prélèvements positifs provenant de Guadeloupe. Les cas signalés à l'ARS représentaient ainsi 95 % des cas observés sur le territoire.
La maladie a touché majoritairement les hommes, qui représentent 85 % des personnes infectées. L'âge moyen des patients était de 53 ans et l'âge médian de 57 ans. Le plus jeune cas concernait un enfant de 7 ans, tandis que le patient le plus âgé avait 81 ans.
Toutes les classes d'âge ont été touchées, à l'exception des plus de 90 ans. Les 60-69 ans représentent la classe la plus concernée, avec 27,3 % des cas. À l'inverse, les moins de 20 ans sont les moins touchés, avec 3,4 % des cas.
La majorité des contaminations survient pendant la saison des pluies, entre juin et novembre. Santé publique France relève notamment 12 cas en janvier 2025, possiblement favorisés par les importants excédents de pluie enregistrés en décembre 2024 dans le sud-est de la Basse-Terre. Un pic observé en octobre pourrait également être associé au passage de la tempête Jerry les 9 et 10 octobre.
Élevage et jardinage parmi les principales activités à risque
Sur les 88 cas recensés, 60 personnes ont déclaré au moins une activité à risque susceptible d'avoir entraîné une contamination. Parmi elles, 59 ont cité une activité privée.
L'élevage arrive en tête, avec 29 cas, devant le jardinage, cité par 25 personnes. Sur le plan professionnel, 20 personnes avaient pratiqué au moins une activité à risque. Dans 55 % des cas, il s'agissait de métiers liés à l'entretien des espaces verts ou à l'agriculture, et dans 45 % des cas de professions du bâtiment et des travaux publics.
Autre constat : près d'une personne sur quatre ayant déclaré une activité à risque ne portait pas les protections adaptées, comme des gants, des bottes ou des vêtements longs. Par ailleurs, 12 patients ont indiqué avoir observé des rats autour de leur domicile.
Sainte-Anne affichait le taux d'incidence communal le plus élevé, avec 5 cas pour 10 000 habitants, devant Petit-Canal (4 pour 10 000) et Morne-à-l'Eau (3 pour 10 000). Saint-Claude, Vieux-Habitants, Le Gosier et Petit-Bourg se situaient entre 2 et 3 cas pour 10 000 habitants.
La maladie peut nécessiter une prise en charge hospitalière. En 2025, 35 patients, soit près de quatre cas sur dix, ont été hospitalisés. Neuf ont été admis en réanimation, soit 10 % de l'ensemble des cas. Une personne est décédée.
Depuis le 24 août 2023, la leptospirose est une maladie à déclaration obligatoire. Cette surveillance permet notamment de mieux identifier les populations exposées, de détecter d'éventuels regroupements de cas et d'adapter les mesures de prévention, particulièrement après des événements climatiques importants ou lors d'activités sportives exposant à des eaux ou sols contaminés.
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