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Malgré la crise et les critiques en France, Macron entame une tournée dans le Golfe

19 October 2026
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Après un week-end de violences qui ont sidéré la France et compromettent la fin d'un quinquennat déjà chaotique, Emmanuel Macron a entamé lundi une tournée dans le Golfe afin de sécuriser des volumes de carburant pour faire baisser les prix à la pompe.

Quelques heures après avoir tenté de reprendre la main sur le plan intérieur dans une adresse aux Français, le président a rejoint le Koweït où il s'est entretenu avec l'émir Mechaal al-Ahmad Al-Sabah dans l'immense palais de Bayan. 

Il se rendra ensuite aux Emirats arabes unis puis au Bahreïn et au Qatar d'ici mercredi pour une tournée qui a aussi vocation à renforcer des "partenariats économiques et de défense" dans une région en pleine tourmente depuis l'offensive israélo-américaine contre l'Iran en février.

Avant de partir, le chef de l'Etat a promis la fermeté contre les auteurs des violences lors de manifestations mais aussi la "transparence" sur le dispositif de maintien de l'ordre, très critiqué, après des scènes de chaos dans de nombreuses villes samedi.

Il a refusé la démission de son ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez mais lui a demandé de mettre en place "au plus vite de nouveaux modes d'action" contre les casseurs.

Emmanuel Macron, qui a maintenu son voyage malgré la crise, l'a justifié par la nécessité de "sécuriser nos approvisionnements" alors que les prix à la pompe font partie des revendications dans les manifestations. 

Au Koweït, les discussions ont ainsi porté sur des stocks de kérosène et diesel prépositionnés à Oman, près du détroit d'Ormuz, et susceptible d'être livrés à des territoires d'outre-mer français (Réunion et Mayotte). 

"Engagements"

Cette tournée, "ça peut donner un sentiment de normalité (..) mais apparaître aussi comme déconnecté et laisser penser à une forme de vide du pouvoir", a toutefois estimé le constitutionnaliste Benjamin Morel.

La fin de quinquennat s'annonçait déjà compliquée avec l'inextricable équation du budget pour un gouvernement sans majorité gouvernementale à l'Assemblée depuis la dissolution de 2024.

Elle risque de s'envenimer avec cette crise sécuritaire qui vient s'ajouter au mouvement des lycéens.

Dans le Golfe, "l'objectif est d'avoir un certain nombre d'engagements" sur les hydrocarbures à un moment de forte tension sur les marchés, a souligné l'Elysée.

Les dirigeants des deux plus grands groupes énergétiques français, TotalEnergies et Engie, Patrick Pouyanné et Catherine McGregor, sont du voyage.

Les prix de l'énergie sont lourdement affectés par le blocus du détroit d'Ormuz, par lequel transitait 20% du pétrole mondial avant la guerre en Iran.

S'y ajoutent les attaques des Houthis pro-iraniens du Yémen contre l'Arabie saoudite et les tensions autour du détroit de Bab el-Mandeb, autre voie maritime majeure reliant l'Europe à l'Asie.

Stabilisation

"Les pays arabes du Golfe sont très désireux d'approvisionner le monde, le marché français, mais il leur est difficile de prendre des engagements fermes tant que la région ne sera pas stabilisée", avertit Francis Perrin, expert en énergie à l'Institut français de relations internationales et stratégiques (IRIS), qui ne s'attend pas à un impact du voyage sur les prix.

"Et pour acheter, il faut un carnet de chèques et le carnet de chèques français, il n'a plus beaucoup de feuillets", renchérit Thierry Bros, professeur à Sciences Po, en référence à l'état des finances publiques en France.

Emmanuel Macron discutera aussi avec ses interlocuteurs, dont le président émirati Mohamed ben Zayed Al-Nahyane et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, des moyens de "sécuriser" les voies maritimes dans la région et trouver des voies de contournement. 

Cela pourrait passer par des oléoducs terrestres passant par l'Irak alors que les pays riverains du Golfe ont été la cible de frappes iraniennes depuis le début du conflit. 

Paris et Londres ont lancé une mission internationale pour contribuer à la réouverture du détroit d'Ormuz, notamment par des opérations de déminage, une fois la paix revenue mais un accord se fait toujours attendre entre Donald Trump et l'Iran.

Au Koweït, la ministre des Armées Catherine Vautrin a signé avec son homologue une déclaration d'intention en matière de défense. Les discussions ont aussi porté sur des ventes d'armements, selon un membre de la délégation française.  

La compagnie Airbus a signé une déclaration d'intention pour accompagner le renouvellement de la flotte de Koweït Airways et coopérer en matière de maintenance et formation. La société française d'IA Pertimm a fait de même pour organiser les données du gouvernement koweïtien, avec une signature de contrat espérée d'ici la fin de l'année.

enl-bpa-vl/jmt/anb

Le président Emmanuel Macron lors de son entretien avec l'émir du Koweït Mechaal al-Ahmad Al-Sabah, le 19 octobre 2026, au Palais de Bayan à Koweït
Le président Emmanuel Macron lors de son entretien avec l'émir du Koweït Mechaal al-Ahmad Al-Sabah, le 19 octobre 2026, au Palais de Bayan à Koweït
• Benoit Tessier
Le président Emmanuel Macron s'entretient avec l'émir du Koweït Mechaal al-Ahmad Al-Sabah, le 19 octobre 2026, au Palais de Bayan à Koweït
Le président Emmanuel Macron s'entretient avec l'émir du Koweït Mechaal al-Ahmad Al-Sabah, le 19 octobre 2026, au Palais de Bayan à Koweït
• Benoit Tessier
Le président français Emmanuel Macron est accueilli par l'émir Mechaal al-Ahmad Al-Sabah, à son arrivée au Koweït, au début d'une tournée de trois jours dans la région du Golfe
Le président français Emmanuel Macron est accueilli par l'émir Mechaal al-Ahmad Al-Sabah, à son arrivée au Koweït, au début d'une tournée de trois jours dans la région du Golfe
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