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Marché du travail en Guadeloupe : tensions en hausse dans le BTP, l’industrie et la santé

06 May 2026
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Alors que les tensions sur le marché du travail reculent au niveau national, elles augmentent en Guadeloupe en 2024, selon une étude de la DEETS (Direction de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) publiée ce mercredi 6 mai 2026.

Le nombre d’inscrits à France Travail (catégorie A) poursuit sa décrue entamée depuis 2017. La main-d’œuvre disponible se replie et atteint un niveau historiquement bas (499 demandeurs d’emploi pour 1 000 emplois en 2024, contre 615 en 2019). Paradoxalement, les tensions sur le marché du travail continuent de grimper. L’indicateur régional de tension est passé de -0,6 à -0,2 entre 2015 et 2024. Comment expliquer ce paradoxe ? Les employeurs peinent de plus en plus à recruter. La part des projets de recrutement anticipés considérés comme difficiles augmente sensiblement : 47,9 % en 2024, contre 43,6 % en 2019 et seulement 35,4 % en 2015.

BTP, industrie et santé : les secteurs les plus touchés

La progression des tensions n’est pas uniforme selon les secteurs. Le BTP et l’industrie affichent des niveaux de tension supérieurs à la tendance régionale. Dans le BTP, les tensions sont particulièrement fortes pour les métiers qualifiés : techniciens et chargés d’études, ingénieurs du bâtiment, conducteurs de travaux, ouvriers qualifiés des travaux publics.

Dans l’industrie, les entreprises recrutent aux meilleurs niveaux de qualification. Les métiers en tension concernent les ouvriers qualifiés en ajustement et assemblage mécanique, les soudeurs, ainsi que les techniciens en maintenance.

Le secteur de la santé et du paramédical demeure également en tension. Trois familles professionnelles sont identifiées : les autres professionnels paramédicaux, les techniciens médicaux et préparateurs, et les spécialistes de l’appareillage médical. La tension est marquée par l’absence de lien entre la formation et l’emploi, ainsi que par l’intensité des embauches.

Le bâtiment : des métiers qualifiés en forte demande

Parmi les 46 métiers en tension identifiés en 2024, ceux du bâtiment sont les plus nombreux. On y trouve notamment :

- Ingénieurs et cadres d’étude, recherche et développement (tension 5,2 sur l’échelle discrétisée)

- Techniciens experts et chargés d’études du BTP (tension 5,1)

- Ingénieurs du bâtiment et des travaux publics (tension 5,1)

- Techniciens et agents de maîtrise de chantiers du BTP (tension 5,1)

- Ouvriers qualifiés de l’extraction et des travaux publics (tension 5,1)

Ces métiers sont marqués par un décalage important entre les compétences requises par les employeurs et celles dont disposent les demandeurs d’emploi, malgré une main-d’œuvre disponible abondante.

L’informatique et la maintenance : des métiers très spécialisés

Les métiers de l’informatique, de l’électronique et de la maintenance sont également en tension. On retrouve :

- Techniciens et agents de maîtrise en assistance et support technique client (tension 5,2)

- Techniciens et agents de maîtrise en maintenance électrique, électronique et automatismes (tension 5,1)

- Mainteniciens en biens électrodomestiques (tension 5,1)

- Techniciens d’étude et de développement en informatique (tension 5,1)

Ces métiers sont marqués par un lien très fort entre la spécialité de formation et l’emploi occupé. Autrement dit, sans la formation adéquate, il est très difficile d’accéder à ces postes.

Le commerce et les services à la personne : des métiers sous pression

Dans le commerce, deux métiers se distinguent : les cadres du management des magasins (tension 5,2) et la maîtrise des magasins. Pour les premiers, les difficultés de recrutement sont causées par l’inadéquation géographique entre l’offre et la demande. Pour les seconds, c’est l’intensité des embauches et le lien formation-emploi qui posent problème. Dans les services à la personne, les aides à domicile (tension 5,1) sont en forte tension. Leurs conditions de travail contraignantes, la non-durabilité de l’emploi et le manque d’attractivité salariale expliquent en partie ces difficultés de recrutement.

L’inadéquation formation-emploi : le principal coupable

L’étude de la DEETS met en lumière un constat sans appel : l’inadéquation entre les compétences requises par les employeurs et celles offertes par les demandeurs d’emploi constitue l’un des déterminants majeurs des tensions actuelles. Les employeurs recherchent une main-d’œuvre plus qualifiée, tandis que de nombreux demandeurs d’emploi ne disposent pas des formations adaptées. Ce phénomène est particulièrement marqué dans le BTP, l’industrie et l’informatique. À l’inverse, dans les métiers peu qualifiés (agents d’entretien, caissiers, employés de libre-service), la main-d’œuvre est abondante et les tensions restent faibles.

Ce phénomène est particulièrement marqué dans le BTP, l’industrie et l’informatique. À l’inverse, dans les métiers peu qualifiés (agents d’entretien, caissiers, employés de libre-service), la main-d’œuvre est abondante et les tensions restent faibles.