Lundi soir, une nouvelle frappe américaine dans les Caraïbes a fait deux morts à bord d'un navire soupçonné de trafic de drogue. Portant à 187 le nombre total de victimes depuis le début de la campagne, cette opération est la huitième revendiquée par les militaires américains depuis le mois d'avril.
Lundi 4 mai, une frappe américaine a visé un navire dans l'est du Pacifique. Bilan : deux morts. Selon le commandement militaire américain pour l'Amérique latine et les Caraïbes (Southcom), le navire “se livrait à des opérations de trafic de stupéfiants” et “empruntait des routes connues du trafic de drogue dans les Caraïbes”. Cette opération porte à 187 le nombre total de personnes tuées depuis le lancement de cette campagne antidrogue contestée, selon un décompte de l'AFP. Et le rythme s'accélère : au moins huit frappes ont été revendiquées par les responsables militaires américains au seul mois d'avril.
Chaque annonce est calquée sur le même modèle. Le Southcom publie sur X de brèves déclarations, affirmant que les navires visés étaient impliqués dans le “narco-terrorisme”. Mais l'administration Trump n'a jamais fourni de preuve solide permettant d'étayer ces allégations. Pas d'images, pas de saisies de drogue présentées, pas de suspects arrêtés et jugés. Juste des frappes, des morts, et des déclarations laconiques. Une opacité qui nourrit les critiques.
Exécutions extrajudiciaires ? L'ONU et des experts s'alarment
Face à l'absence de transparence et à la multiplication des frappes létales, des experts et des responsables de l'ONU ont dénoncé des exécutions extrajudiciaires. Le droit international impose des limites strictes à l'usage de la force en haute mer, même dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic. En l'absence de procès, de preuves vérifiables et de possibilité pour les victimes de se défendre, ces opérations s'apparentent pour leurs détracteurs à une justice expéditive. Une dérive sécuritaire dangereuse, selon les organisations de défense des droits humains.
Une campagne qui interroge
L'administration Trump défend ces opérations comme nécessaires pour endiguer le flux de drogue vers les États-Unis. Mais au fur et à mesure que le bilan humain s'alourdit, les interrogations grandissent. Qui étaient vraiment les victimes ? Étaient-elles armées ? Représentaient-elles une menace imminente ? Autant de questions restées sans réponse. Le Southcom promet de poursuivre ses opérations. Mais sans preuves, sans transparence, sans procès, la frontière entre lutte antidrogue et exécution extrajudiciaire devient de plus en plus floue.
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