Népal: un grimpeur népalais porté disparu dans l’Everest retrouvé vivant six jours après
Miracle dans l'Everest: un guide népalais expérimenté a été retrouvé vivant jeudi sur les pentes du plus haut sommet du monde (8.849 m) six jours après avoir été porté disparu et considéré comme mort.
"Il a été retrouvé ce matin alors qu'il rampait vers le camp de base" par une équipe du Sagarmatha Pollution Control Committee (SPCC), l'association qui s'efforce de nettoyer la montagne, a déclaré à l'AFP Pemba Sherpa, de la compagnie 8K Expeditions, chargée des secours.
"Un hélicoptère l'a pris en charge pour le conduire dans un hôpital de Katmandou", a-t-il poursuivi, "j'ai parlé aux docteurs, il souffre de gelures mais pour le reste semble dans un état satisfaisant".
"Il est conscient et suit un traitement", a déclaré Nishant Dhakal, médecin à l'unité de soins intensifs de l'hôpital HAMS de Katmandou.
"Nous traitons ses gelures, ses lésions dues au froid, nous veillons à son hydratation et prenons en charge ses traumatismes. Il fait actuellement l'objet d'examens complémentaires et restera dans notre unité de soins intensifs."
"Nous avons été tellement contents d'apprendre la bonne nouvelle", s'est réjouie l'épouse du guide, Damu Sherpa, interrogée à son chevet par l'AFP.
"Nous avions abandonné tout espoir et même commencé les cérémonies funéraires hier (mercredi)", a-t-elle ajouté.
Sa fille, Mendo Lhamu Sherpa, a déclaré qu’ils avaient eu du mal à y croire lorsqu’ils ont reçu un appel téléphonique leur annonçant qu’il avait été retrouvé.
"Au début, nous n’étions pas sûrs que ce soit lui, mais ils nous ont envoyé des photos pour confirmer, et là, j’étais heureuse", a-t-elle confié.
Grimpeur expérimenté, Hillary Dawa Sherpa avait atteint le 29 mai le "toit du monde" en compagnie de l'alpiniste britannique Chris Thrall, au terme d'une ascension que ce dernier a décrite comme longue et difficile.
"Le dernier relais vers le sommet a été long", a raconté son compagnon de cordée dans un message vidéo publié sur les réseaux sociaux alors qu'il le croyait perdu. "Le chemin vers le sommet puis retour devait nous prendre cinq jours, il a en a durée onze".
Chris Thrall a dit avoir perdu la trace de Hillary Dawa Sherpa le lendemain, lorsqu'ils redescendaient du camp 4, à environ 7.950 m d'altitude, vers le camp 3.
Alternative
"Il s'est assis pour faire une pause avec son sac sur le dos (...) je me suis retourné et je lui ai demandé +Hillary, ça va mon frère ?+", a-t-il rapporté. "Il m'a répondu +oui, oui, ça va Chris, s'il te plaît vas-y, vas-y+".
Le Britannique a expliqué avoir ensuite croisé la route d'un grimpeur polonais en difficulté.
"Devais-je faire demi-tour pour retrouver Sherpa, dont je pouvais supposer qu'il allait se remettre et repartir, comme il l'a déjà fait des centaines de fois ? Ou aider l'autre alpiniste, sans oxygène, les doigts gelés et à l'évidence pas très loin de l'hypothermie ?", a-t-il raconté.
Alors persuadé que son équipier avait définitivement disparu, Chris Thrall lui a rendu hommage dans le même message, le décrivant comme "un doux géant et un véritable +tigre des montagnes+".
Jusqu'à ce que le guide népalais soit retrouvé jeudi matin près du camp de base, les recherches engagées pou rle repérer, notamment par hélicoptère, étaient restées vaines.
Cette expédition était l'une des toutes dernières de la saison de printemps, qui a permis à plus d'un millier d'alpinistes d'atteindre le sommet, record absolu de fréquentation selon le département népalais du tourisme.
Plusieurs autres records ont été battus cette année, dont celui du plus grand nombre d'ascensions en une seule journée (275, le 21 mai) et celui du nombre de permis délivrés par les autorités aux étrangers (494).
Cinq grimpeurs - deux Indiens et trois Népalais - sont déjà morts cette année sur les pentes de l'Everest. A titre de comparaison, 18 personnes y avaient perdu la vie en 2023, la saison la plus meurtrière.
pm-pjm-pa/vgu/cn/clr

• PRABIN RANABHAT

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