Tabac en 2025 : la baisse des ventes se confirme, mais le marché se diversifie
À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac du 31 mai, l’OFDT publie son bilan annuel. Bonne nouvelle : les volumes vendus reculent de 8,2 % et le tabagisme quotidien passe sous la barre des 20 % chez les adultes. Mais le marché évolue, avec une hausse des produits alternatifs.
En 2025, les buralistes français ont vendu 8,2 % de tabac en moins qu’en 2024. Une tendance lourde qui confirme le recul amorcé depuis plusieurs années. Les cigarettes et le tabac à rouler sont tous deux en forte baisse : — 8,7 % pour les premières, — 9,6 % pour le second. Cette diminution s’accompagne d’un recul historique du tabagisme quotidien. En 2024, moins d’un adulte sur cinq (18-75 ans) fumait chaque jour, un niveau jamais vu. Chez les lycéens, la chute est spectaculaire : 5,6 % de fumeurs quotidiens en 2024 contre 30,8 % en 2010.
Tous les départements ne sont pas logés à la même enseigne. Dans le Nord, le Pas-de-Calais et les Ardennes, la baisse des ventes est moins marquée. Pourquoi ? La hausse des taxes en Belgique et au Luxembourg a mécaniquement reporté sur le territoire français des acheteurs qui se fournissaient auparavant à l’étranger. Une illustration concrète de l’utilité des politiques publiques coordonnées au niveau européen. Autre paradoxe : alors que les volumes diminuent, le chiffre d’affaires global du tabac atteint 18,4 milliards d’euros en 2025, quasi stable depuis 2017 (+ 0,2 % de croissance annuelle moyenne). La raison : les prix continuent d’augmenter. Le paquet de la marque la plus vendue est passé de 12,54 € à 13 €, tandis que le tabac à rouler reste à 23,90 €.
La diversification s’accélère : le tabac à chauffer baisse, le narguilé monte
Le marché du tabac n’est plus monolithique. En 2025, les « autres produits du tabac » (narguilé, tabac à pipe, à tuber, etc.) représentent 8 % des parts de marché, contre seulement 3 % en 2017. Leur progression atteint + 5,8 % sur un an. Mais attention aux contrastes : le tabac à chauffer s’effondre (- 22,9 %), de même que les cigares (- 2,4 %). En revanche, le narguilé (ou chicha) et les tabacs à fumer alternatifs sont en plein essor. Une preuve que les comportements addictifs se déplacent vers des produits parfois perçus comme moins dangereux, une illusion que les autorités sanitaires peinent à dissiper.
Le phénomène est désormais bien documenté : les adolescents se tournent vers la cigarette électronique. En 2024, 4 % des lycéens vapotaient exclusivement quotidiennement, contre seulement 0,8 % en 2022. Une hausse rapide qui interroge : la vape est-elle une porte d’entrée ou une sortie du tabac ? Pour l’instant, les données montrent que le tabagisme chez les jeunes baisse en parallèle, mais les spécialistes restent vigilants.
L’aide au sevrage explose : + 7 % de traitements remboursés
La bonne nouvelle du jour : les fumeurs veulent arrêter. En 2025, les ventes de substituts nicotiniques ont bondi de 7 %, portées par les formes orales (gommes, comprimés) et les patchs. Par ailleurs, Tabac Infos Service a traité environ 61 000 appels, soit une hausse de 5,2 % par rapport à 2024. Enfin, l’opération #MoisSansTabac fêtait en novembre 2025 sa dixième édition. Bilan : entre 2016 et 2019, elle a généré 1,8 million de tentatives d’arrêt. Un succès populaire qui prouve que les campagnes de prévention, quand elles sont répétées et incarnées, portent leurs fruits.
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