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Pourquoi fait-il aussi chaud en Guadeloupe ces derniers jours ?

07 September 2026
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Depuis plusieurs jours, la chaleur se fait particulièrement ressentir en Guadeloupe. Une situation qui n’est pas qu’une impression : les températures sont actuellement supérieures aux normales de saison et cette tendance devrait se poursuivre au cours des prochaines semaines.

La chaleur s’est installée sur l’archipel et devrait encore accompagner les Guadeloupéens quelque temps. Dans son dernier bulletin de tendances mensuelles, publié vendredi 4 septembre, Météo-France prévoit des températures « normales à légèrement chaudes » sur la Guadeloupe entre le 7 septembre et le 4 octobre, avec une anomalie moyenne de l’ordre de + 0,5 °C. La semaine du 7 au 13 septembre devrait être la plus chaude des quatre prochaines semaines. Pour les semaines suivantes, les températures devraient continuer à se maintenir légèrement au-dessus des valeurs habituelles.

Cette chaleur s’accompagne d’une situation assez inhabituelle pour cette période de l’année. Alors que la Guadeloupe se trouve en pleine saison des pluies, les précipitations devraient rester déficitaires. Entre le 7 septembre et le 4 octobre, Météo-France prévoit ainsi des cumuls de pluie inférieurs à la normale sur les îles Sous-le-Vent des Petites Antilles. Les quatre semaines devraient connaître un déficit pluviométrique léger à modérer, même si des épisodes pluvieux restent possibles avec le passage d’ondes tropicales ou de phénomènes cycloniques.

Cette tendance s’inscrit dans la continuité d’un début d’année particulièrement sec. Les mois de juin et juillet avaient déjà enregistré d’importants déficits de précipitations sur plusieurs secteurs de l’archipel, tout en affichant des températures supérieures aux normales saisonnières.

Pourquoi les moustiques sont-ils aussi nombreux en ce moment ?

C’est une autre conséquence que de nombreux Guadeloupéens constatent : une forte recrudescence des moustiques, mais aussi d’autres insectes, notamment en soirée. Et là encore, la chaleur joue un rôle important.

Les spécialistes expliquent que les moustiques sont des insectes ectothermes, c’est-à-dire que leur développement dépend directement de la température extérieure. Lorsque les températures grimpent autour de 28 à 32 °C, leur cycle de vie s’accélère : les œufs éclosent plus rapidement, les larves se développent plus vite et les adultes deviennent plus actifs. À 30 °C, le cycle de développement du moustique Aedes est environ deux fois plus rapide qu’à 20 °C. La chaleur actuelle crée donc des conditions idéales pour leur prolifération, à condition qu’ils trouvent de petites réserves d’eau pour pondre.

Chaleur, humidité… et pluies éparses : un cocktail idéal

Contrairement à une idée reçue, ce ne sont pas uniquement les fortes pluies qui favorisent les moustiques. Aux Antilles, les épisodes de chaleur suivis de quelques averses dispersées créent de nombreux gîtes larvaires : coupelles de pots de fleurs, seaux, gouttières, pneus ou réservoirs d’eau accumulent suffisamment d’eau pour permettre aux moustiques de se reproduire. La saison de l’hivernage, qui s’étend de juin à novembre, combine justement températures élevées, humidité importante et pluies intermittentes, des conditions particulièrement favorables aux espèces présentes en Guadeloupe, notamment Aedes aegypti, principal vecteur de la dengue, du chikungunya et du Zika dans les Antilles françaises.

Les autres insectes, comme certaines mouches, fourmis volantes ou blattes, profitent également de cette chaleur persistante et de l’humidité ambiante pour se reproduire plus rapidement.

Une vigilance sanitaire malgré une situation calme

Cette augmentation des moustiques ne signifie pas pour autant une reprise immédiate des épidémies. Selon le dernier bulletin de Santé publique France, la situation de la dengue est actuellement calme en Guadeloupe, avec des indicateurs de surveillance faibles sur l’ensemble de l’archipel. Les autorités sanitaires rappellent néanmoins que la présence importante d’Aedes aegypti impose de maintenir les gestes de prévention : éliminer les eaux stagnantes autour des habitations, utiliser des répulsifs et des moustiquaires, particulièrement durant cette période de forte activité des moustiques.

El Niño 2026 parmi les plus puissants depuis 1950

Derrière cette situation se trouve également un phénomène climatique majeur : El Niño. L’épisode 2026 est désormais considéré comme particulièrement puissant. Selon Météo-France, l’indice Niño 3.4, utilisé pour mesurer l’intensité du phénomène dans le Pacifique équatorial, a dépassé + 2 °C au mois de juillet. Ce niveau correspond à un épisode de forte intensité, qui pourrait figurer parmi les plus puissants observés depuis 1950.

Même si El Niño se développe dans le Pacifique, ses effets se font sentir jusque dans les Caraïbes à travers des téléconnexions climatiques. Pour les Antilles, il favorise notamment des températures plus élevées, des nuits plus chaudes et une tendance à des précipitations plus faibles que la normale. À cela s’ajoute le réchauffement climatique, qui amplifie les anomalies de température observées lors des épisodes El Niño et rend les périodes de fortes chaleurs plus fréquentes et plus intenses.

Une chaleur qui pourrait s’accentuer

Les prochaines semaines ne devraient donc pas apporter de véritable rupture. Les prévisions saisonnières de Météo-France pour septembre, octobre et novembre 2026 annoncent un trimestre globalement anormalement chaud et plus sec que la normale en Guadeloupe et dans les îles du Nord. Les températures devraient rester supérieures aux normales en septembre avant que l’anomalie de chaleur ne devienne encore plus marquée à partir de la fin septembre et durant le mois d’octobre. Météo-France invite ainsi à surveiller le risque de vagues de chaleur au cours de ce trimestre.

Malgré ces prévisions plus sèches et plus chaudes, la saison cyclonique reste active jusqu’en novembre. Des ondes tropicales ou des phénomènes cycloniques peuvent encore provoquer des épisodes de fortes pluies sur l’archipel, susceptibles d’alimenter ponctuellement la prolifération des moustiques dans les jours qui suivent.