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Route du Rhum : ” J’ambitionne le top 15 “, Kéni Piperol affiche ses ambitions

27 October 2026
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À 30 ans, le skipper guadeloupéen s'apprête à disputer sa deuxième Route du Rhum consécutive. À bord d'un bateau et avec une équipe renouvelées, il ambitionne une place dans le top 15. Alimentation, sommeil, dangers en mer et préparation mentale : il détaille son quotidien et ses objectifs avant le grand départ.

À quelques jours du départ de la 13e Route du Rhum, prévu le dimanche 1er novembre à Saint-Malo, Kéni Piperol entre progressivement dans sa bulle. À 30 ans, le navigateur guadeloupéen s'apprête à traverser l'Atlantique pour la deuxième fois consécutive dans cette course, au sein de la catégorie Class40. Pour cette nouvelle édition, il repart avec un projet renouvelé et une nouvelle équipe. Pour France-Antilles, il revient sur sa préparation, les contraintes de la vie en mer et ses ambitions sportives.

Un objectif : intégrer le top 15

Pour cette transatlantique, Kéni Piperol affiche une ambition claire : " Moi, j'ambitionne le top 15. " Pour atteindre cet objectif, il compte notamment sur son expérience, son bateau et le projet qu'il a réussi à monter cette année.

Le skipper ne se fixe toutefois pas uniquement un résultat au classement. " L'objectif numéro un, c'est déjà de se faire plaisir, de passer le moins de temps en mer, d'être bien classé ", explique-t-il. Il souhaite surtout arriver sans regret, après avoir donné le maximum pendant la course.

Le soutien de la Guadeloupe constitue également une source de motivation. Depuis le lancement de son projet, il dit recevoir de nombreux encouragements, renforcés par la présence de supporters venus à Saint-Malo. " C'est aussi une source de motivation pour moi d'arriver le plus vite possible de l'autre côté. " Pour autant, le chrono final dépendra des conditions météorologiques.

Des repas adaptés aux contraintes du large

En mer, l'alimentation est un élément essentiel de la préparation. Sans réfrigérateur ni congélateur à bord, le skipper doit privilégier des produits capables de se conserver pendant toute la traversée.

Il alterne ainsi deux types de repas : les plats lyophilisés, déshydratés pour prolonger leur conservation, et les plats appertisés, cuisinés puis stérilisés en récipient hermétique. Ces derniers offrent, selon lui, davantage de variété et un goût plus marqué.

" On dépense énormément de calories ", souligne-t-il. Le maintien de l'équilibre sur le bateau et les efforts nécessaires aux manœuvres sollicitent continuellement le corps. Selon l'intensité de l'effort fourni, il peut ainsi consommer deux plats lyophilisés au déjeuner.

Le navigateur emporte également un peu de Guadeloupe avec lui. Le lycée agricole lui a notamment préparé du kilibibi maison, des chips de patates douces et des chips de bananes vertes. Des produits locaux qui lui permettent de garder un lien avec son territoire pendant la traversée.

Dormir quatre à cinq heures par jour

Autre contrainte majeure : le sommeil. Pendant la course, Kéni Piperol dort par périodes d'environ 20 minutes, réparties sur 24 heures. Au total, il estime son temps de sommeil quotidien entre quatre et cinq heures.

Ces courtes siestes lui permettent de récupérer sans tomber dans un sommeil profond, dont le réveil peut altérer temporairement la vigilance. " Le bateau ne se règle pas tout seul ", rappelle-t-il. Prolonger excessivement son repos peut signifier manquer une manœuvre ou laisser un concurrent prendre l'avantage.

Les dangers sont également nombreux, particulièrement à proximité des côtes. Échouement, collision avec un autre concurrent, rencontre avec des pêcheurs ou présence d'objets flottants non identifiés, comme des conteneurs et des filets, imposent une vigilance constante. Les collisions avec des cétacés constituent aussi un risque.

Une fois éloigné des côtes, le skipper peut parfois allonger ses périodes de repos, notamment lorsque les conditions sont plus stables et que les manœuvres se font moins fréquentes.

La ferveur populaire comme moteur

À l'approche du départ, le programme du Guadeloupéen se resserre. Il multiplie les points météo, limite la durée de ses journées et profite de la présence de sa famille, arrivée à Saint-Malo quelques jours auparavant. L'objectif est de préserver son énergie avant de s'élancer sur l'Atlantique.

La ferveur autour du village de la Route du Rhum joue aussi un rôle dans sa préparation. Le navigateur dit apprécier les échanges avec les visiteurs, notamment les enfants et les jeunes, curieux de découvrir les exigences de la course au large.

" Ça me donne encore plus envie de continuer à faire ce que je fais ", confie-t-il.

Son message aux Guadeloupéens est simple : suivre le départ, puis la traversée jusqu'à l'arrivée. Il promet de partager des images depuis le large et invite le public à suivre la course en ligne. Au-delà du classement, Kéni Piperol entend ainsi porter les couleurs de son territoire jusqu'à Pointe-à-Pitre