Un homme comparaît ce lundi en comparution immédiate devant le tribunal de Pointe-à-Pitre. Il est poursuivi pour avoir exhibé une arme et menacé le personnel des urgences du CHU de la Guadeloupe, dans la nuit du 23 au 24 octobre 2026.
La nuit avait pourtant commencé par une urgence médicale. Samedi, vers 5 heures du matin, un jeune homme majeur s’est présenté aux urgences du CHU de la Guadeloupe pour une blessure par balle. Mais la situation a rapidement dégénéré. Selon Philippe Miziniak, directeur territorial de la police nationale de Guadeloupe, l’un de ses accompagnants a alors « exhibé une arme » et invectivé le personnel soignant. Son but : exiger que le blessé soit pris en charge rapidement sur un brancard. « Le personnel s’est senti menacé », a précisé le commissaire.
Après les faits, l’individu a quitté les lieux et est rentré chez lui, où il a « tout raconté à sa mère ». C’est finalement accompagné de cette dernière qu’il s’est présenté, le matin même, au commissariat. Il y a été immédiatement interpellé et placé en garde à vue. Face aux enquêteurs, il a reconnu les faits. Une perquisition a été menée à son domicile pour tenter de retrouver l’arme, qu’il aurait « jetée dans les fourrés ». Les recherches n’ont pour l’instant pas permis de mettre la main sur le fusil. L’homme doit être jugé ce lundi en comparution immédiate.
Débrayage et préavis de grève
Cet événement a provoqué une onde de choc au sein de l’hôpital. Un débrayage a eu lieu samedi soir dans le service concerné. La section UTS-UGTG du CHU a annoncé le dépôt, dès ce lundi matin, d' « un préavis de grève ». Les organisations syndicales n’ont pas caché leur exaspération. L’UTS-UGTG rappelle avoir émis des alertes « depuis plusieurs années » concernant des « intrusions de personnes armées » dans l’établissement ou encore sur « la situation du service psychiatrie ».
Dans deux courriers adressés à la direction du CHU les 24 et 25 octobre, les syndicats UTS-UGTG et l’ASG-CFDT ont réclamé un renforcement de la sécurité. L’ASG-CFDT indique avoir rencontré les équipes des urgences ce dimanche. Si les effectifs du matin étaient jugés suffisants, le sentiment d’insécurité persiste parmi les professionnels. En réponse, quatre agents de sécurité sont désormais présents dans le service. Des rondes de police ont également été annoncées, à raison d’un passage toutes les heures. Les soignants attendent désormais de savoir combien de temps ces mesures seront maintenues. Ils réclament aussi la réparation rapide du téléphone d’urgence, indispensable pour donner l’alerte en cas de danger.
Des engagements non tenus selon les syndicats
Pour l’UTS-UGTG, ces difficultés ne sont pas nouvelles. Le syndicat rappelle qu’une note datée d’août 2022 prévoyait la présence permanente de deux agents de sécurité aux urgences. Un accord conclu avec la direction en avril 2024 prévoyait également la fermeture des accès au public à partir de 22 heures et le maintien des portes de sécurité fermées. D’autres alertes ont suivi, notamment en février 2026, avant une réunion extraordinaire consacrée à la sécurité des urgences en mars dernier. Aujourd’hui, l’UTS-UGTG réclame un bilan écrit des engagements pris par la direction, avec des précisions sur les mesures appliquées et celles qui restent à mettre en place.
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