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Evolution statutaire : les élus de Guyane rencontreront Emmanuel Macron ce jeudi 21 mai | Guyaweb, site d’information et d’investigation en Guyane

23 May 2026
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Evolution statutaire : les élus de Guyane rencontreront Emmanuel Macron ce jeudi 21 mai

Annoncée par Guyane la 1ère, une rencontre entre le chef de l’Etat, les parlementaires guyanais, le président de l’Association des maires de Guyane (AMG) et celui de la Collectivité territoriale de Guyane (CTG) aura bien lieu ce jeudi 21 mai à l’Elysée à 16h, confirme le président de l’AMG à Guyaweb. Le seul point à l’ordre du jour porte sur le dossier statutaire et la demande d’autonomie de la Guyane, engagée depuis 2022 pour doter le territoire d’un pouvoir normatif permettant d’édicter des « lois-pays » adaptées aux réalités locales.

Pour rappel, ce projet, affiné durant plusieurs congrès des élus guyanais en 2023 et 2024, prévoit des transferts de compétences pour que la future collectivité autonome soit responsable de l’aménagement, du transport, de l’agriculture ou encore de la gestion des ressources naturelles. Cette descente de compétences au niveau local est vue comme un préalable au développement économique de la Guyane, l’un des territoires les plus pauvres de la République.

La délégation guyanaise espère de cette rencontre un positionnement clair du président de la République, pour ou contre le projet guyanais d’autonomie. « Nous voulons que le président engage la parole de l’Etat sur le document d’orientation, pas seulement la sienne, et que cet échange soit suivi d’un communiqué officiel de l’Elysée« , confirme Michel-Ange Jérémie, président de l’AMG.

Les élus guyanais attendent du président un « discours précis pour la Guyane comme il l’a fait pour la Corse. Nous voulons entendre le président sur un statut spécifique de la Guyane dans la Constitution. S’il veut un autre choix, qu’il le dise aussi« , poursuit M. Jérémie. Jusqu’à présent, Emmanuel Macron s’est refusé à une quelconque révision constitutionnelle, proposant lors de son déplacement en Guyane en mars 2024 de pousser la mise en oeuvre de l’article 73 régissant actuellement l’identité juridique de la Guyane, plutôt que d’accepter une révision constitutionnelle nécessaire pour doter la Guyane d’un statut spécifique suis generis, tel que défini par le congrès des élus du 26 mars 2022 puis affiné lors de deux autres congrès en 2023 et 2024.

Lors d’une rencontre à la CTG vendredi dernier, les membres de la délégation qui sera reçue ce jeudi 21 mai à l’Elysée se sont mis d’accord sur cette ligne, en dépit de leurs divergences : le sénateur macroniste Georges Patient plaide notamment pour régir le statut juridique de la Guyane par l’article 74 de la Constitution, qui permet des habilitations et des transferts de compétences adoptés par une majorité simple n’impliquant pas de réunir parlementaires et sénateurs.

Compte tenu des nombreux rendez-vous manqués avec le chef de l’Etat sur ce dossier et de la fin approchant de son second quinquennat, cette rencontre s’annonce comme la dernière tentative pour la Guyane d’obtenir des engagements fermes de la part de ce président-là, avant l’inventaire des mandats d’Emmanuel Macron sur ces sujets institutionnels.

Photo de Une (archive Guyaweb) : Emmanuel Macron lors de sa première visite en octobre 2017 en Guyane, six mois après la mobilisation sociale de mars-avril.

 « Je ne suis pas le Père Noël parce que les Guyanais ne sont pas des enfants «  avait déclaré Emmanuel Macron à Maripasoula.