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Boom de l’IA: les travailleurs des puces en Asie veulent une part accrue des profits

28 May 2026
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Profitant de la fièvre mondiale de l'IA, les fabricants de puces en Asie ont vu leurs profits flamber et atteint des valorisations stratosphériques, de quoi aiguiser les revendications de leurs salariés pour un meilleur partage de cette manne aux montants faramineux.

Les ingénieurs du secteur jouent désormais de leur rôle devenu indispensable pour obtenir gain de cause: les employés du sud-coréen Samsung Electronics viennent d'entériner un accord sur des primes colossales.

D'où viennent ces profits soudains ?

Les progrès des systèmes d'intelligence artificielle (IA) depuis la percée en 2022 de ChatGPT ont déclenché une explosion des projets de centres de données.

Et donc de la demande de composants en silicium —notamment de puces-mémoire, marché aujourd'hui en tension--, faisant décoller les revenus des entreprises qui les conçoivent, produisent et assemblent. 

C'est le cas des deux champions sud-coréens des puces-mémoires Samsung Electronics et SK hynix, dont la valorisation boursière a dépassé ce mois-ci 1.000 milliards de dollars chacun --rattrapant le taïwanais TSMC, fondeur des semi-conducteurs les plus sophistiquées.

"Une vague sans précédent de demande insatiable (pour des puces-mémoire de pointe) en ont fait une colonne vertébrale indispensable à la construction de l'infrastructure IA mondiale", déclare à l'AFP William Keating, expert du cabinet Ingenuity.

Samsung Electronics a vu son bénéfice d'exploitation du premier trimestre bondir d'environ 750% sur un an. Son cours boursier a été multiplié par six en un an. 

Les travailleurs en profitent-ils?

Aux États-Unis, les employés des géants de la tech bénéficient de stocks-options (actions de l'entreprise) leur permettant de profiter de l'envolée du cours boursier.

A l'inverse de la Silicon Valley, le secteur asiatique des semi-conducteurs est lui "davantage dominé par les syndicats", a indiqué à l'AFP Neil Shah, cofondateur de Counterpoint Research. 

Alors que Taïwan et la Corée du Sud abritent la majorité des talents de la fabrication de puces, les ingénieurs y détiennent un pouvoir de négociation "immense", insiste-t-il: "Cette main-d'œuvre ultra-qualifiée se sait indispensable, elle contribue aux marges élevées" des firmes.

En vertu de l'accord syndical approuvé mercredi, les employés de la division puces-mémoire de Samsung seront éligibles à une prime pouvant atteindre presque 300.000 euros cette année --équivalant à 12% du bénéfice d'exploitation du département, versée essentiellement en actions.

Ils menaçaient précédemment d'entamer une grève générale de 18 jours.

SK hynix avait déjà approuvé l'an dernier des primes massives pour ses propres employés, financées par 10% du bénéfice d'exploitation.

-Samsung fera-t-il des émules ?- 

Une grève chez Samsung "aurait certainement été le plus important arrêt de travail de l'histoire de l'industrie mondiale des semi-conducteurs" en bouleversant les chaînes d'approvisionnement technologiques, juge le chercheur Kap Seol dans le magazine américain Jacobin. 

Dans ce secteur, "des rémunérations élevées et avantages généreux alimentent souvent un sentiment d'être privilégiés, malgré des conditions de travail au contact de produits chimiques, la concurrence acharnée, et des horaires à rallonge", poursuit-il.

Dans la foulée de Samsung, des informations font état de mécontentement au sujet des primes chez le géant taïwanais TSMC, là encore sur fond de bénéfices records.

"A mesure que l'entreprise poursuit sa croissance, nous sommes très confiants que le pourcentage de croissance annuelle de la participation aux bénéfices de nos employés (...) dépassera celui de l'année précédente", a simplement réagi l'entreprise.

Son patron CC Wei, a tenu une réunion mercredi pour expliquer la question des primes au personnel dans un climat "calme et amical", a assuré un porte-parole à l'AFP, ajoutant que les primes devraient augmenter "de plus de 30%" sur un an. 

Au-delà des puces, le cas Samsung avive aussi les revendications syndicales dans d'autres secteurs en Corée du Sud (industrie, biotechnologies, automobile, construction navale...).

Quels autres bénéficiaires ?

De manière générale, les principaux bénéficiaires de l'envolée des bénéfices liées à l'IA sont... les actionnaires, suivis par les cadres dirigeants, et enfin par les salariés disposant de stock-options, selon Neil Shah.

Arrivent ensuite les ingénieurs en semi-conducteurs eux-mêmes, dont certains réclament désormais une part plus importante du gâteau.

Chez le géant californien des puces pour Nvidia, l'entreprise la plus valorisée au monde à quelque 5.000 milliards de dollars, de nombreux salariés titulaires de stock-options sont devenus subitement millionnaires, explique M. Shah. "Beaucoup d'entre eux sont partis et devenus investisseurs"... ou ont pris une retraite anticipée.

kaf-joy/lga/jug/lth

Une puce du géant sud-coréen des semi-conducteurs SK Hynix, le 4 novembre 2024 à Séoul
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• ANTHONY WALLACE
Le sège social de Samsung Electronics à Suwon, le 22 mai 2026 en Corée du Sud
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• Jung Yeon-je
Chez le géant californien des puces pour Nvidia, l'entreprise la plus valorisée au monde à quelque 5.000 milliards de dollars, de nombreux salariés titulaires de stock-options sont devenus subitement millionnaires
Chez le géant californien des puces pour Nvidia, l'entreprise la plus valorisée au monde à quelque 5.000 milliards de dollars, de nombreux salariés titulaires de stock-options sont devenus subitement millionnaires
• Lionel BONAVENTURE
Le logo de SK hynix à Séoul, le 22 avril 2026 en Corée du Sud
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• Jung Yeon-je