En route pour Downing Street, Andy Burnham va dévoiler sa potion de “choc” pour le Royaume-Uni
Andy Burnham, favori pour succéder à Keir Starmer à Downing Street, doit lever le voile lundi sur le "choc" économique qu'il entend appliquer au Royaume-Uni, dans son premier discours politique majeur depuis l'annonce de la démission du Premier ministre la semaine dernière.
L'ex-maire du Grand Manchester, élu député il y a moins de deux semaines, est le seul candidat pour remplacer Keir Starmer à la tête du Labour et donc du pays.
Si aucun adversaire ne se déclare, il pourrait devenir Premier ministre mi-juillet.
Lundi, il doit prononcer, depuis le symbolique musée de l'histoire du peuple de Manchester, un discours très attendu, alors que beaucoup au Labour comme dans le pays s'interrogent sur le changement qu'il compte apporter au programme qui a permis au parti travailliste de revenir au pouvoir en juillet 2024.
Beaucoup l'attendent sur l'économie, au moment où la croissance tousse, où les craintes d'une hausse de l'inflation persistent et où le marché du travail reste sous pression.
Il devrait ainsi dévoiler la manière dont il compte "redresser le Royaume-Uni" en lui appliquant "le choc dont il a besoin", selon des extraits communiqués en amont.
Au cours de sa campagne pour devenir député, dans une circonscription proche de Manchester, Andy Burnham est resté vague sur le cap qu'il entend prendre, notamment sur un possible virage à gauche qu'il pourrait engager.
Son discours lundi vise autant à présenter sa vision qu'à démontrer que le "roi du nord" est prêt à endosser le costume de chef du gouvernement.
Décentralisation
Beaucoup attendent ainsi de voir si Andy Burnham, aussi naturel et à l'aise sur les réseaux sociaux que dans son contact avec les Britanniques, saura mieux impulser le changement promis par les travaillistes que le sérieux mais impopulaire Keir Starmer.
Celui qui se définit comme un "socialiste pro-entreprises", a déjà tenté de rassurer les marchés en s'engageant à respecter les règles budgétaires fixées par l'actuelle ministre des Finances, Rachel Reeves.
Le choix qu'il fera pour remplacer Mme Reeves à ce poste, aussi prestigieux que sensible, alimente depuis des jours les spéculations.
Le nom du ministre de l'Energie Ed Miliband revient avec insistance, malgré les critiques de ceux qui jugent celui qui fut dirigeant du Labour entre 2010 et 2015, trop anti-entreprises.
La ministre de l'Intérieur, Shabana Mahmood, plus centriste, est aussi citée.
Sur le fond, fort de son expérience de maire d'une grande ville du nord du pays, Andy Burnham défend davantage de décentralisation, notamment en matière de transport ou de logement, et devrait annoncer "le plus grand transfert de pouvoir de l'époque moderne".
"Andy veut que cela se fasse dans tout le pays — que les communautés partout au Royaume-Uni puissent s'approprier leurs propres projets et avoir le pouvoir de transformer leur territoire", a déclaré dimanche sur la BBC Lucy Powell, numéro deux du Parti travailliste et alliée d'Andy Burnham.
Il souhaite en particulier diriger davantage de moyens et d'investissements vers le nord défavorisé du pays. Il compte créer un "n°10 du Nord", en référence à l'adresse de la résidence officielle du Premier ministre au 10 Downing Street à Londres.
Andy Burnham va aussi s'engager sur "une mission de dix ans pour augmenter le niveau de vie", via une politique de réindustrialisation, un effort sur le logement et les infrastructures, ainsi qu'une réforme de la fourniture de services essentiels (eau, énergie...), sur lesquels il réclame de longue date un contrôle public accru.
mhc/ial

• Paul ELLIS

• Toby Shepheard
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