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Nouvelle-Calédonie: les présidents des trois provinces élus

03 July 2026
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Les présidents des trois provinces de Nouvelle-Calédonie ont été élus vendredi, dans la foulée des élections provinciales de dimanche, la loyaliste Sonia Backès conservant ses fonctions dans le Sud tout comme l'historique leader indépendantiste Paul Néaoutyine dans le Nord, réélu grâce au soutien décisif des élus non-indépendantistes.

Ces élections sont la première étape de la mise en place des nouvelles institutions issues des élections provinciales du 28 juin, dont dépend également la composition du Congrès, l'assemblée délibérante du territoire.

Dans la province Sud, principal moteur économique de la Nouvelle-Calédonie et où vivent près des trois quarts des quelque 265.000 habitants de l'archipel, Sonia Backès a été réélue sans difficulté après son large succès du 28 juin. La présidente sortante a recueilli les 28 voix de sa majorité, les 12 autres conseillers ayant voté blanc.

En province Nord, Paul Néaoutyine a en revanche créé la surprise. La liste du dirigeant du Parti de libération kanak (Palika), composante de l'Union nationale pour l'indépendance (UNI), avait été devancée dimanche par le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) et n'avait obtenu que neuf sièges contre dix au FLNKS.

Election du président du Congrès à venir

Paul Néaoutyine, à la tête de la province depuis 1999, a finalement été réélu grâce au soutien des trois élus de la liste Loyalistes-Rassemblement.

Pascal Sawa, tête de liste FLNKS dans le nord, a dénoncé dans un communiqué " une alliance contre nature " et le " non-respect des urnes ".

Enfin, dans la province des îles Loyauté, où la population est presque exclusivement kanak, Mickaël Forrest (UC-FLNKS) succède à Mathias Waneux.

Dans cette province en grande difficulté financière, il a été élu par huit voix contre six pour le candidat de la liste Dynamique autochtone, également membre du FLNKS, grâce aux deux élus de l'Union nationale pour l'indépendance (UNI) dans cette assemblée provinciale où ne siègent que des indépendantistes.

Disposant de larges compétences en matière de développement économique, d'enseignement, de santé ou encore d'aménagement du territoire, les provinces occupent une place centrale dans l'organisation institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie.

Une partie de leurs élus siège également au Congrès, qui doit élire son président le 10 juillet puis le gouvernement collégial d'ici au 17 juillet. La Nouvelle-Calédonie va donc vivre pendant 15 jours au rythme d'intenses tractations politiques pour définir qui emportera ces deux institutions.

Aucun des deux blocs, indépendantiste et non-indépendantiste, n'a en effet la majorité au Congrès: sur les 54 sièges, 24 sont aux mains de la coalition non-indépendantiste Les Loyalistes-Le Rassemblement et 26 sont occupés par les indépendantistes divisés.

Malgré leurs différends, l'UNI et le FLNKS devraient toutefois, sauf surprise, unir leurs voix au Congrès. Paul Néaoutyine avait insisté en mai sur la nécessité de " renouer et renforcer les échanges avec l'ensemble des forces indépendantistes ".

C'est donc, comme après les dernières provinciales en 2019, l'Eveil océanien et ses quatre voix qui sera faiseur de roi.

De 2019 à 2024, ce parti créé pour représenter l'importante communauté wallisienne de l'archipel avait formé une " majorité océanienne " avec les groupes UNI et UC-FLNKS. Il l'avait quittée après les émeutes ayant fait 14 morts et au moins deux milliards d'euros de dégâts, s'alliant aux non-indépendantistes et obtenant la présidence du Congrès.

A une semaine du scrutin, " il y a des discussions avec les deux camps ", a confirmé à l'AFP Milakulo Tukumuli, le président d'EO.