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Macron appelle à la vigilance “de tous les instants” face au “retour de l’odieux antisémitisme”

12 July 2026
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Emmanuel Macron a appelé dimanche à une "vigilance" de "tous les instants" face à la résurgence de l'antisémitisme en France et appelé à apposer les noms des Justes dans tous les lieux où ils protégèrent des Juifs de la "barbarie nazie".

"Face à ce retour de l'odieux antisémitisme, la vigilance est un devoir de tous les instants", a lancé le chef de l'Etat qui présidait à Paris la première journée nationale de commémoration de la reconnaissance de l'innocence du capitaine Alfred Dreyfus, 120 ans jour pour jour après la décision de la Cour de cassation.

Dans ce contexte, "il est temps désormais que sur chaque maison, chaque immeuble, chaque lieu où des Juifs furent abrités, hébergés et sauvés soient apposés les noms des Justes qui les sauvèrent de la barbarie nazie", a-t-il ajouté, devant la Cour de cassation, en appelant "toutes les municipalités de France à faire leur cette entreprise".

Dans son discours, Emmanuel Macron a ainsi lié deux événements qui à quelques décennies de distance ont marqué l'histoire de l'antisémitisme en France.

Le capitaine Dreyfus, de confession juive, fut condamné pour haute trahison au profit de l'Allemagne sur la base de fausses preuves et envoyé au bagne à la fin du XIXe siècle dans un climat profondément antisémite en France, avant d'être réhabilité au terme d'une longue bataille de responsables politiques, écrivains et intellectuels pour la reconnaissance de son innoncence.

"L'affaire Dreyfus n'est pas une page de notre histoire qui se serait fermée en 1906 grâce à la Cour de cassation et la réintégration de Dreyfus dans l'armée", a insisté Emmanuel Macron.

"Vieux démons"

"Nous savons que les vieux démons de l'antisémitisme n'ont jamais totalement disparu de notre pays", a-t-il ajouté en appelant dans ce contexte à entretenir l'héritage des "dreyfusards".

"Le +dreyfusisme+ n'est pas un souvenir, c'est un état d'esprit qui refuse que l'appartenance d'un homme à une religion, une origine, une communauté puisse devenir l'alibi permettant de le livrer en pâture à une justice et une opinion aveugle", a-t-il martelé.

Juste avant lui, Charles Dreyfus, 99 ans, petit-fils du capitaine Dreyfus, a aussi constaté "avec tristesse" la résurgence de l'antisémitisme.

Une statue représentant le capitaine dans la cour de l'Ecole militaire, le 5 janvier 1895, le sabre brisé mais toujours au garde-à-vous, est aussi désormais érigée sur la place devant la Cour de cassation.

"Cette venue de la statue au lieu même ou fut rendue la justice est tout un symbole", s'est félicité Charles Dreyfus, qui s'était battu pour qu'un lieu approprié lui soit trouvé. Initialement destinée à se dresser dans la cour de l'Ecole militaire en 1985, elle a finalement connu plusieurs autres adresses dans Paris devant les réticences de l'armée et du président François Mitterrand. 

Le maire de Paris Emmanuel Grégoire a de son côté annoncé que la place portant le nom de l'écrivain nationaliste Maurice Barrès, un des plus féroces détracteurs d'Alfred Dreyfus dans des écrits empreints de haine antisémite, porterait désormais le nom de Lucie Dreyfus, l'épouse du capitaine qui le soutint sans relâche dans son combat pour la justice.

vl/hr/ybl

Face au "retour de l'odieux antisémitisme", une vigilance "de tous les instants" (Macron)
Face au "retour de l'odieux antisémitisme", une vigilance "de tous les instants" (Macron)

Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors de la première journée nationale de commémoration de la reconnaissance de l'innocence d'Alfred Dreyfus, officier juif injustement condamné pour haute trahison à fin du 19e siècle, le 12 juillet 2026 à Paris
Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors de la première journée nationale de commémoration de la reconnaissance de l'innocence d'Alfred Dreyfus, officier juif injustement condamné pour haute trahison à fin du 19e siècle, le 12 juillet 2026 à Paris
• Thomas SAMSON
Macron demande que les noms des Justes soient apposés là où ils ont protégé des Juifs
Macron demande que les noms des Justes soient apposés là où ils ont protégé des Juifs

Statue en bronze de 3,5m réalisée en 1985 par l’artiste français Louis Mitelberg, dit Tim, représentant le capitaine Alfred Dreyfus, avant son installation définitive dans le cadre d’une cérémonie d’hommage sur l’Île de la Cité, devant la Cour de cassation, le 12 juillet 2026 à Paris
Statue en bronze de 3,5m réalisée en 1985 par l’artiste français Louis Mitelberg, dit Tim, représentant le capitaine Alfred Dreyfus, avant son installation définitive dans le cadre d’une cérémonie d’hommage sur l’Île de la Cité, devant la Cour de cassation, le 12 juillet 2026 à Paris
• Thomas SAMSON