Cuba perd 313 000 habitants en un an : un déclin démographique sans précédent
Cuba a terminé l’année 2025 avec 9,43 millions d’habitants, soit 313 414 de moins qu’en 2024. Une chute vertigineuse qui s’explique par un double mouvement : une émigration massive et un effondrement de la natalité.
Cuba n’en finit plus de se vider. Selon les données présentées par Juan Carlos Alfonso Fraga, vice-chef de l’Office national des statistiques et de l’information (ONEI), la population cubaine a connu en 2025 sa plus forte baisse annuelle depuis le début des relevés. Avec 9 434 593 habitants au 31 décembre, l’île a perdu l’équivalent d’une ville moyenne en l’espace de douze mois. Deux facteurs principaux expliquent cette hémorragie : un solde migratoire négatif de — 245 264 personnes et un solde naturel tout aussi négatif ( — 68 150 habitants). Autrement dit, les départs continuent de saigner le pays, tandis que les naissances ne compensent plus les décès.
Les naissances au plus bas, les décès au plus haut
En 2025, seuls 68 064 bébés sont nés à Cuba, contre 136 214 décès. Les décès ont donc plus que doublé le nombre de naissances. Un ratio qui se traduit par un taux de natalité de 7,1 pour 1 000 habitants, contre 14,2 pour 1 000 pour la mortalité.
Mais le chiffre le plus alarmant est peut-être le taux de fécondité. Pour la deuxième année consécutive, il s’établit à 1,29 enfant par femme, son plus bas niveau depuis le début des statistiques en 1958. Le taux de reproduction brute, à 0,62 fille par femme, se situe bien en dessous du seuil de renouvellement des générations (2,1 enfants par femme). Une tendance qui, si elle se confirme, annonce un vieillissement accéléré et une contraction durable de la population.
Un pays qui vieillit et se vide de ses actifs
Le vieillissement de la population s’est également accentué. Les Cubains âgés de 60 ans ou plus représentent désormais 26,7 % de la population totale, soit 2 519 823 personnes. L’âge médian du pays a atteint 45 ans, et la province de Villa Clara est officiellement la plus vieillissante. Dans le même temps, la population en âge de travailler a chuté de façon spectaculaire. Elle s’élève aujourd’hui à 5 606 541 personnes, soit 1 259 894 de moins qu’il y a cinq ans. Une perte sèche qui pèsera lourdement sur l’économie et le système de protection sociale dans les années à venir.
Tous les territoires touchés, mais pas de la même manière
Selon Alfonso Fraga, le déclin démographique est désormais généralisé. Les 15 provinces cubaines ainsi que la municipalité spéciale de l’Île de la Jeunesse ont toutes enregistré une réduction de leur population. Les disparités territoriales persistent cependant, certaines zones subissant une saignée plus sévère que d’autres. Côté répartition, 74,7 % des Cubains vivent désormais en zone urbaine (7 044 773 personnes), contre 2 389 820 en milieu rural. Ce taux d’urbanisation est en léger recul par rapport à 2024 (75,1 %), un signe que la ville n’est plus un pôle d’attraction aussi puissant qu’auparavant.
« L’émigration reste le facteur principal du déclin démographique du pays », a rappelé le vice-chef de l’ONEI. Une tendance que Cuba connaît depuis 2021 et qui ne montre aucun signe de ralentissement. Les départs massifs, couplés à une natalité en berne et à un vieillissement accéléré, dessinent un avenir démographique incertain pour l’île. Alors que les autorités cubaines peinent à endiguer cette érosion, la question du renouvellement générationnel se pose avec une acuité croissante. Car au rythme actuel, Cuba perd non seulement des habitants, mais aussi une partie de son avenir.
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