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Pour une suspicion d’adultère, elle poignarde son compagnon avec un couteau de cuisine

24 July 2026
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Une prévenue âgée de 48 ans, jugée pour avoir agressé à l'arme blanche son compagnon en juillet de l'an dernier, alors qu'elle plaidait la légitime défense, a été condamnée à dix mois d'emprisonnement sous bracelet électronique.

Un couteau de cuisine planté dans la poitrine, près du cœur. Soit 15 jours d'incapacité totale de travail pour sa victime, son compagnon. Voilà ce que Lislie Feler lui à infligé comme souffrance physique en l'agressant, pour une suspicions d'adultère. Les faits remontent au 29 juillet de l'an dernier à Baie-Mahault. Celle qui sent l'alcool à l'arrivée des gendarmes et qui se retrouve désormais assise sur le banc des prévenus plaide la légitime défense : "J'ai riposté à l'attaque au couteau de mon compagnon" tente elle d'expliquer, en feignant être au bord des larmes. Appelé à la barre, sa victime contredit complètement cette version : "Je ne me suis pas battu avec elle. Elle m'a agressé directement. Elle semblait me reprocher un adultère avec la mère de mon fils. Lui et sa mère était arrivé en vacances en Guadeloupe, et j'étais allé les voir à la sortie du travail, jusqu'à 22 heures. C'est à mon retour qu'elle s'en est prise directement à moi. J'ai pris immédiatement la fuite après avoir reçu le coup de couteau. Et j'ai alerté les secours"

"La prévenue continue d'harceler mon client"

Cette fois-ci, c'est en sanglots que la prévenue s'exprime : "C'est l'alcool qui a tout aggravé. J'avais bu entièrement une bouteille de vin". Le président s'étonne alors que ce soit sa victime qui ait fuit après cette agression, et non elle qui aurait été agressé au couteau en premier. Elle devient hautaine lorsque l'avocat de la partie civile, Maître Max Bessin lui-montre la photo de la voiture de son compagnon qu'elle aurait entièrement réformée : "Je souhaite garder le silence. Juste dire que c'est moi qui payais les traites de ce véhicule". Puis, l'avocat de la victime enchaîne : "Il y a deux degrés de gravité dans cette affaire. Mon client a reçu un coup de couteau à deux centimètres du cœur. Et il a du sa survie grâce à sa fuite. Il a cru mourir. Les déclarations adverses ont su convaincre l'institution dans un premier temps. Une opération d'enfumage a prospéré. Du côté de la défense, on va essayer de vous expliquer que les torts sont partagés. Voir que la responsabilité incombe à la victime. C'est assez bien fait. A la barre, la prévenue a révélé sa véritable nature de dangerosité. Et de haine. Rien ne peut justifier que l'on s'empare d'un couteau pour poignarder son compagnon au cœur. Depuis cette agression, il vit dans la peur. Une peur entretenue consciemment par la prévenue, qui continue de l'harceler, par des appels incessants" plaide-t-il. 

"Il aurait pu décéder"

Lors de ses réquisitions, la procureure estime "qu'il il est fort probable qu'il y ait eu une dispute préalable, et que la victime ne soit pas exempt de tout reproche. L'alcoolisme de Mme, opérée de la tyroïde, constitue un cocktail détonant pour qu'elle monte en pression.  Mais M. a bien failli mourir de ce coup de couteau. Il aurait pu décéder ce soir-là. Par la suite, il y a eu de nombreux rapports d'incident du fait qu'elle ne devait plus contacter la victime. Comme elle a déjà été condamné à dix-huit mois d'emprisonnement avec sursis, je demande cette fois-ci une peine de dix-huit mois d'emprisonnement dont dix mois avec sursis" requiert-elle. Dans sa plaidoirie, son avocat Maître Jan-Marc Ferly souligne "que ce dossier démontre la toxicité des rapports qui peut-conduire à un climat délétère dans un couple. C'est alors le plus intelligent et le moins alcoolisé qui pense à porter plainte le premier. De la part de la partie civile que je respecte par ailleurs, ce n'est pas bien. Personne n'était dans cette maison à cet instant là. Il n'y avait aucun témoin. Je parle de manipulation de l'autre côté de la barre. La victime a déjà été condamné pour des faits de violences sur ma cliente, postérieurement après ce faits. Et il a été intelligent d'interjeter appel. Il a continué à la pousser à bout. En réalité, elle n'ose pas vous le dire, mais elle a honte de ce qu'elle vécue". Après en avoir délibéré, les trois juges ont condamné la prévenue à vingt mois d'emprisonnement dont dix mois avec sursis. Soit dix mois fermes aménagés en détention à domicile sous bracelet électronique. Elle est interdite de contact avec sa victime, avec une obligation de soins.

Les femmes plus rarement auteurs

Les dossiers où une femme comparaît pour des violences conjugales demeurent largement minoritaires devant la juridiction pénale. Les statistiques nationales montrent que les auteurs mis en cause sont très majoritairement des hommes (85 %), tandis que les victimes sont essentiellement des femmes (84 %), faisant des violences conjugales un phénomène dont les auteurs féminins constituent une exception plutôt que la règle.