Ce mardi (28 avril), le conseil municipal de la ville des Abymes s'est tenu avec à l'ordre du jour de nombreuses thématiques comme le vote du taux d'imposition, l' indemnités des élus, le budget primitif 2026.
À l'arrivée, l'ambiance est détendue. On se salue, on se fait la bise, on échange quelques mots. Mais à mesure que l'heure approche, les groupes se recomposent. Les discussions se resserrent, les regards changent. Chacun regagne son camp.
Il est près de midi lorsque la séance débute finalement, sous la présidence de Fabert Michely. Le maire Éric Jalton est absent à l'ouverture. Dans les rangs de l'opposition, les téléphones sont déjà sortis, caméras allumées, prêts à capter chaque échange.
À l'ordre du jour : vote du taux d'imposition, indemnités des élus, budget primitif 2026. Très vite, la question fiscale s'impose comme le point de crispation.
Hausse des impôts : un choix contesté
" Nous sommes dans une période de crise, la pression augmente, les dépenses sont millimétrées ", lance Aurélie Bitufwila-Yerbé. " Demander une augmentation aux populations serait inconsidéré. Est-ce que vous avez envisagé d'autres leviers plutôt que d'augmenter une taxe déjà élevée pour nos contribuables ? "
L'élue insiste : " Je m'interroge : est-ce que vous pouvez faire payer davantage la population, alors même que la situation est déjà difficile ? Beaucoup de familles font face à l'augmentation des prix alimentaires, du logement, des charges quotidiennes… Ce n'est pas anodin. "
En face, la majorité défend une décision qu'elle présente comme contrainte, dans un contexte budgétaire tendu. " C'est un choix de responsabilité. Nous sommes dans un contexte de restriction budgétaire, avec l'inflation, l'augmentation du coût des matériaux, la baisse des compensations de l'État. Nous avons fait des efforts sur les charges, sur les dépenses, mais à un moment donné il faut prendre des décisions. " Aurélie Bitufwila-Yerbé reprend alors, en réponse aux arguments avancés : " Vous avez dit que 10 euros, ce n'est pas anodin. C'est l'équivalent d'un bokit, si je reprends vos propos. Mais il faut aussi regarder la situation globale des foyers. "
" Vous venez donner des leçons" : la soufflante de Célygny
Mais l'échange a déjà basculé. Le débat quitte le terrain strictement budgétaire pour devenir frontalement politique.
" Allons trouver une solution pour ne pas augmenter les impôts des Abymiens. Il y a forcément d'autres leviers ", plaide l'opposition.
Le ton monte nettement lorsque Jean-Luc Jacques Célygny prend la parole.
" Nous ne sommes pas favorables, par principe, à l'augmentation des impôts. Mais nous sommes aux affaires. Il y a des contraintes que vous ne pouvez pas ignorer ", lance-t-il d'emblée.
Il enchaîne, plus ferme : " Ce n'est pas de gaieté de cœur. Depuis 2014, le maire a refusé catégoriquement d'augmenter les impôts. Aujourd'hui, nous sommes dos au mur. La situation nous oblige. "
Face aux critiques, la réponse se fait plus frontale : " D'hier à aujourd'hui, vous êtes devenus constructifs, et ça m'inquiète. Vous promettez de baisser les impôts, mais à chaque fois qu'on vous demande comment, vous répondez : “quand on sera élus”. Ce n'est pas sérieux. "
Puis le recadrage vise directement la minorité : " Vous n'avez jamais été constructifs dans cette minorité municipale. Vous n'avez jamais été présents pour représenter vos concitoyens ici, et aujourd'hui vous venez donner des leçons. Une municipalité se gère avec des responsabilités, pas avec des postures. "
Jalton met fin au débat
Près de trente minutes après le début des échanges, Éric Jalton fait son entrée dans l'hémicycle.
Alors que les tensions restent vives, il tranche rapidement : " Laissons-les dans leurs illusions. Nous, nous avançons dans la réalité. Si on ne fait pas cet ajustement fiscal maintenant, on va se retrouver en 2027 à devoir le faire dans des conditions encore plus difficiles. "Le vote suit : l'opposition se prononce à l'unanimité contre.
La joute verbale se joue entre Jean-Luc Jacques Célygny et Yann Ceranton. Et quand les es échanges s'allongent un peu trop Éric Jalton finit par intervenir, dénonce des propos " démagogiques " et accuse l'opposition de manquer de respect, avant de mettre un terme au débat.
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