Cinquième cancer le plus fréquent en France, le cancer de la vessie reste méconnue
Sang dans les urines, infections à répétition : ces signes doivent alerter. Cinquième cancer le plus fréquent en France, le cancer de la vessie reste méconnu. L’Association française d’urologie appelle à la vigilance en ce mois de mai.
La présence de sang dans les urines, ce que les médecins appellent une hématurie, est le premier signe d’alerte du cancer de la vessie dans 80 à 90 % des cas. Pourtant, selon un sondage dont l’AFU s’est fait l’écho, 64 % des adultes ignorent ce lien. Un chiffre alarmant. « Tout l’enjeu est de faire comprendre que ce symptôme ne doit jamais être ignoré », insiste le Pr Yann Neuzillet, chirurgien urologue. « Voir du sang dans ses urines, même une seule fois, doit conduire à consulter rapidement. C’est un réflexe simple, mais déterminant, car un diagnostic précoce change radicalement le pronostic ». D’autres signes doivent également alerter : les infections urinaires à répétition et les troubles de la miction. Autant de symptômes qui, pris à temps, peuvent sauver des vies.
Le tabac joue un rôle majeur dans le développement du cancer de la vessie. Un fumeur présente 5,5 fois plus de risques qu’un non-fumeur. Ce risque augmente avec le nombre d’années et de paquets fumés. Le tabac est responsable de 53 % des cas chez les hommes et 39 % chez les femmes. Comment expliquer ce lien ? Les substances toxiques contenues dans la fumée sont éliminées par les reins, puis passent par la vessie où les urines peuvent stagner avant d’être évacuées. C’est à ce moment-là qu’elles endommagent les cellules de la paroi vésicale. L’exposition professionnelle à certaines substances chimiques (industrie, teintures, caoutchouc, pétrole, métallurgie, coiffure) constitue également un facteur de risque, tout comme les antécédents familiaux.
Des inégalités entre hommes et femmes
Le cancer de la vessie est trois fois plus fréquent chez les hommes que chez les femmes. Mais ces dernières sont doublement pénalisées. D’abord, leur diagnostic est plus tardif. Les femmes n’obtiennent un diagnostic précoce que dans 70 % des cas dans les trois mois suivant la première consultation, contre 83 % pour les hommes. En cause : les symptômes (sang dans les urines, infections répétées) sont plus souvent attribués à tort à une simple cystite, beaucoup plus courante chez la femme. Conséquence : le pronostic est moins bon. Cinq ans après le diagnostic, 55 % des hommes sont encore en vie, contre seulement 49 % des femmes.
Prévention : bien boire, un geste simple
Il n’existe pas de dépistage systématique du cancer de la vessie. Le diagnostic repose donc sur l’identification des symptômes d’alerte. Mais il existe des gestes simples de prévention. Le premier : arrêter de fumer. Le second : boire beaucoup d’eau. « Rincer sa vessie, c’est comme prendre sa douche, cela permet de nettoyer son corps des polluants et c’est le moyen de faire de la prévention très simple », explique le spécialiste.
En ce mois de mai dédié à la sensibilisation au cancer de la vessie, l’Association française d’urologie appelle à la vigilance. Un symptôme, même banal en apparence, ne doit jamais être ignoré. Une urine qui colore, une infection qui récidive, des difficultés à uriner : consultez votre médecin traitant ou un urologue. Le diagnostic précoce change le pronostic et peut sauver des vies.
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