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Face à Trump et aux Brics, la Barbade intègre une coalition inédite pour peser sur l’ordre mondial

24 September 2026
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Par Jacques VILUS

La 1ère ministre de la Barbade, Mia Mottley fait entrer la Barbade au sein d’une coalition inédite qui comprend, l’Union européenne, l’Inde, le Brésil, le Kenya, l’Australie et le Canada.
La 1ère ministre de la Barbade, Mia Mottley fait entrer la Barbade au sein d’une coalition inédite qui comprend, l’Union européenne, l’Inde, le Brésil, le Kenya, l’Australie et le Canada. • PAR CARICOM

L’Union européenne et six États, dont l’Inde, le Brésil et la Barbade, ont acté le 21 septembre 2026 à New York la création des « Partenaires pour le multilatéralisme ». Une offensive diplomatique directe contre le protectionnisme américain et l’influence sino-russe, qui permet à la Caraïbe de glisser sa voix (avec la Barbade) parmi les superpuissances pour refuser la scission du globe en blocs rivaux.

La Barbade réussit l’exploit de s’asseoir à la table des géants pour y porter la voix des États insulaires et plus généralement de la Caraïbe. En marge de l’Assemblée générale de l’ONU, le pacte dévoilé ce lundi 21 septembre réunit l’Australie, le Brésil, le Canada, l’Inde, le Kenya, l’Union européenne et laBarbade. Avec ses 300 000 habitants et son produit intérieur brut de 7 milliards de dollars, l’État insulaire s’aligne avec des poids lourds au sein d’une coalition pesant 29 700 milliards de dollars, soit très exactement 27 % de la richesse globale.

La Barbade s’invite à la table des superpuissances

L’intégration de la Barbade traduit une stratégie de contournement. Contre les barrières douanières du second mandat de Donald Trump et la pression de l’axe Pékin-Moscou, ce nouveau pôle cherche à imposer un espace de coopération indépendant. À l’image de l’Inde et du Brésil, moteurs de l’initiative, Bridgetown rejette la logique binaire. Les signataires contournent ainsi le choix imposé entre une alliance purement occidentale et une sphère sino-russe où ils risqueraient la marginalisation.

L’urgence de structurer un front commercial et politique

Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie européenne, coordonne déjà la création d’un mécanisme d’action permanent. La cible est pragmatique : convertir un réseau d’échanges commerciaux internes avoisinant les 400 milliards d’euros en un levier d’influence politique. Cette annonce frappe un automne diplomatique tendu. Elle surgit quelques jours après le sommet très anti-occidental de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) tenu à Bichkek et la réunion des Brics de mi-septembre à New Delhi. Pendant que l’OCS milite pour une Eurasie fermée et que les Brics exigent une refonte financière agressive, la Barbade et ses alliés s’imposent pour rédiger leurs propres règles du jeu économique et maintenir le système onusien à flot.