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AVC chez les jeunes adultes : une hausse préoccupante qui bouscule les idées reçues

02 October 2026
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Longtemps associé au grand âge, l’accident vasculaire cérébral touche de plus en plus d’adultes jeunes. Aux États-Unis, l’incidence d’un premier AVC chez les 20-54 ans a augmenté de 83 % en moins de trente ans. En France, une tendance similaire est observée.

Une étude publiée le 23 septembre 2026 dans la revue Neurology a analysé l’évolution des AVC chez les jeunes adultes américains sur près de trois décennies. Entre 1993-1994 et 2020, l’incidence d’un premier AVC chez les 20-54 ans est passée de 33,9 à 62,2 cas pour 100 000 personnes-années, soit une hausse d’environ 83 %. Au total, 2 076 premiers AVC ont été recensés dans cette tranche d’âge au cours des différentes périodes étudiées. Cette progression tranche avec la tendance observée chez les plus âgés. Sur la même période, l’incidence globale des AVC chez les plus de 54 ans est passée de 618,8 à 453 cas pour 100 000 personnes-années. Les plus âgés restent, de très loin, les plus touchés, mais leur incidence diminue tandis qu’elle augmente chez les plus jeunes.‌

La France n’est pas épargnée. Santé publique France a étudié l’évolution des hospitalisations pour AVC entre 2008 et 2019. Chez les personnes âgées de 65 ans ou plus, les taux standardisés d’hospitalisation ont diminué de 2,4 % chez les hommes et de 2,2 % chez les femmes. À l’inverse, chez les 50-64 ans, les taux ont augmenté de 2 % par an chez les hommes et les femmes, et de 2,2 % chez les hommes de 35-44 ans.‌

Des facteurs de risque de plus en plus présents chez les jeunes

Il n’existe pas une seule explication à cette hausse. Mais les facteurs de risque cardiovasculaire traditionnellement associés aux générations plus âgées sont de plus en plus présents chez des adultes jeunes. Dans les données américaines, l’hypertension artérielle, le diabète, la fibrillation atriale et la consommation de substances sont devenus plus fréquents au fil des années chez les 20-54 ans victimes d’un AVC.‌ Selon l’Inserm, l’hypertension, le diabète, l’obésité, les anomalies des lipides sanguins ou encore l’apnée du sommeil augmentent le risque d’AVC. Le tabagisme, l’excès d’alcool et la sédentarité jouent également un rôle.‌

Parmi ces facteurs, l’hypertension occupe une place centrale. Une pression trop élevée endommage progressivement les artères et favorise leur obstruction ou leur rupture. Le problème, c’est qu’elle peut rester longtemps silencieuse et donc passer inaperçue. En France, environ 17 millions d’adultes sont hypertendus, soit près d’un adulte sur trois, selon Santé publique France. L’agence estime également que plus de 6 millions d’adultes hypertendus ignorent leur maladie. Une donnée particulièrement importante lorsqu’on sait que l’hypertension constitue le principal facteur de risque modifiable de l’AVC.‌

Des AVC ischémiques en forte progression

La hausse observée chez les jeunes adultes concerne avant tout les AVC ischémiques, provoqués par l’obstruction d’une artère cérébrale, qui représentent la grande majorité des AVC. Chez les 20-54 ans étudiés aux États-Unis, leur incidence est passée de 23,8 à 47,3 cas pour 100 000 personnes-années entre 1993-1994 et 2020. En moins de trente ans, elle a donc quasiment doublé.‌

Les AVC chez les jeunes adultes présentent des caractéristiques distinctes de ceux des personnes âgées. Selon une revue publiée dans Neurology en juin 2026, les AVC chez les adolescents et jeunes adultes (15-50 ans) sont souvent causés par des mécanismes non athéroscléreux, comme les dissections artérielles cervicales, les foramen ovale perméables ou les thromboses veineuses cérébrales. Ces étiologies spécifiques compliquent le diagnostic, d’autant que jusqu’à 30 % des cas sont initialement confondus avec d’autres pathologies comme des migraines ou des crises d’épilepsie.‌

Un enjeu de santé publique

Cette tendance représente une préoccupation croissante de santé publique. Un AVC survenant chez un adulte jeune entraîne souvent des conséquences psychosociales durables et une perte d’années de vie productive. Les survivants peuvent souffrir de troubles cognitifs, de dépression, d’anxiété et de fatigue qui affectent significativement leur qualité de vie.‌ Les chercheurs appellent à renforcer les programmes de prévention ciblés sur cette population, notamment par le dépistage et le contrôle de l’hypertension, la réduction du tabagisme et la promotion d’une meilleure hygiène de vie.‌