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Le couple recomposé condamné pour violences, après la mort de Keysha à ses 7 ans

29 September 2026
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Originaires de Guadeloupe, la mère de Keysha et son beau-père viennent d'être condamnés par la cour d'assises du Loiret, à l'issue de quatre jours de procès consacrés à la mort de la fillette de 7 ans, survenue le 16 février 2022 à Gien. ICI Val de Loire rapporte que la mère a été condamnée à 10 ans de réclusion criminelle, tandis que le beau-père écope de trois ans d'emprisonnement, dont deux avec sursis.

Comme le détaille ICI Val de Loire dans son compte rendu d'audience, les deux membres guadeloupéens de ce couple parental recomposé, la mère et le beau-père, ont tous deux ont été reconnus coupables de violences commises à l'encontre de l'enfant, lourdement handicapée. En revanche, la cour les a acquittés du chef de "privation de soins ou de nourriture ayant entraîné la mort", estimant que les éléments du dossier ne permettaient pas d'établir le caractère volontaire d'un éventuel retard dans sa prise en charge médicale. Keysha avait été retrouvée morte par les secours, le 16 février 2022, au domicile familial de Gien. L'autopsie pratiquée deux jours plus tard avait conclu à un syndrome d'inhalation gastrique. Les médecins légistes avaient également relevé de nombreuses lésions sur le corps de la fillette, conduisant à l'ouverture d'une procédure criminelle. Jugés depuis jeudi à Orléans, la mère et le beau-père étaient poursuivis pour des faits de violences volontaires ainsi que pour la privation de soins ou de nourriture. Après quatre heures de délibéré, les jurés ont donc retenu les violences, mais pas le lien volontaire entre une éventuelle carence de prise en charge et le décès de l'enfant. La mère a également été reconnue coupable de viol aggravé. Elle écope finalement de dix années de réclusion criminelle, alors que l'avocat général avait requis, mardi matin, 17 ans de réclusion à son encontre. Sept ans d'emprisonnement avaient été requis contre le beau-père, dont la peine prononcée est finalement de trois ans, dont deux avec sursis.

La mère de Keysha dépassée par la situation

Face aux jurés, l'avocate de la mère de Keysha a surtout défendu l'image d'une jeune femme désemparée, confrontée aux lourdes pathologies de sa fille et aux difficultés de sa prise en charge. La défense a longuement insisté sur les obstacles administratifs et médicaux auxquels sa cliente aurait été confrontée : difficultés à obtenir des rendez-vous médicaux, à financer les traitements nécessaires à l'enfant ou encore à constituer un dossier auprès de la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées). "Elle a tenu son rôle de mère", a martelé l'avocate, tout en reconnaissant les violences commises par sa cliente à l'encontre de Keysha. Parmi celles-ci, un coup porté à la tête et au ventre de la fillette, le soir de son décès. Depuis le box des accusés, avant que la cour ne se retire pour délibérer, la mère de Keysha a une nouvelle fois exprimé ses regrets, revenant sur les faits qui lui sont reprochés. Pendant ce temps, l'avocate du beau-père de Keysha a demandé l'acquittement du trentenaire, aussi bien pour les violences volontaires que pour les faits de privation de soins ou d'aliments ayant entraîné la mort de l'enfant. Pour la défense, les éléments du dossier ne permettent pas d'établir la responsabilité de son client dans les lésions constatées sur le corps de la fillette. "Mon client n'a rien à voir avec les causes de la mort", a-t-elle finalement soutenu, demandant aux jurés de prononcer son acquittement. 

Interrogations autour de l'absence de l'ASE-Guadeloupe

C'est une absence qui a été relevée à plusieurs reprises lors des plaidoiries, ce mardi. L'Aide sociale à l'enfance de Guadeloupe (ASE), pourtant directement impliquée dans le parcours de Keysha, n'a finalement pas été représentée à son procès. Une référente de l'ASE devait initialement être entendue comme témoin durant les débats. Son audition a toutefois été annulée, la professionnelle étant en arrêt maladie. Une absence vivement dénoncée par Maître Agathe Morel, avocate de l'association Enfance et Partage, constituée partie civile. "C'est inadmissible", a-t-elle fustigé, estimant que l'ASE "s'est portée pâle au dernier moment ". "On ne peut que s'interroger sur le fait qu'ils aient évité la confrontation avec la cour d'assises", a-t-elle ajouté. Née en Guadeloupe, la petite Keysha avait été confiée à l'ASE à l'âge de deux ans. Elle avait ensuite vécucinq années en famille d'accueil, avant de retourner auprès de sa mère, dans le Loiret, seulement sept mois avant son décès, le 16 février 2022. Ce retour au domicile maternel a largement occupé les débats. Comment cette décision a-t-elle été prise après cinq années de placement ? Dans quelles conditions le retour de l'enfant auprès de sa mère a-t-il été préparé et accompagné ? Autant de questions qui ont été soulevées à l'audience, sans que la présence de la référente de l'ASE ne permette finalement d'y apporter des réponses. Au-delà du parcours de Keysha, c'est donc aussi la prise en charge de sa famille par les services de protection de l'enfance qui demeure au cœur des interrogations après ce procès.