Washington durcit le ton contre Cuba : nouvelles restrictions financières et de voyage
Les États-Unis ont imposé de nouvelles restrictions financières et de voyage à Cuba, revenant sur les ouvertures introduites par l’administration Biden en 2024. Les banques américaines ne pourront plus gérer certains comptes d’entrepreneurs privés cubains et plusieurs catégories de voyages éducatifs et professionnels sont désormais restreintes.
Les modifications au règlement sur le contrôle des avoirs cubains sont entrées en vigueur mercredi, après leur publication la veille par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du département du Trésor. Selon l’agence, ces amendements mettent en œuvre une partie de la politique cubaine de Donald Trump et des réglementations découlant d’un décret du 1er mai ciblant des individus et entités jugés responsables de la répression à Cuba ou présentant une menace pour la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis.
Les nouvelles mesures annulent les ouvertures financières introduites par l’administration Biden en mai 2024. À l’époque, le Trésor avait autorisé certains entrepreneurs privés cubains remplissant les conditions requises à opérer à distance sur des comptes bancaires américains, y compris depuis Cuba. L’objectif affiché était de soutenir le secteur privé indépendant de l’île en élargissant l’accès aux services financiers et en facilitant les paiements et les transferts autorisés. Désormais, les institutions financières américaines ne peuvent plus ouvrir ni maintenir de comptes au titre de cette autorisation. Les fonds existants doivent être bloqués et signalés à l’OFAC, sauf si une autre autorisation s’applique.
Un impact limité dans l’immédiat ?
Le nombre d’entreprises immédiatement touchées pourrait être limité. Oniel Díaz Castellanos, fondateur du cabinet de conseil cubain Auge, a indiqué que relativement peu d’entrepreneurs avaient pu bénéficier de cette autorisation, car de nombreuses banques américaines restaient réticentes à travailler avec des entreprises cubaines en raison de préoccupations liées au respect des sanctions.
Fin des « transactions en U »
Le règlement supprime également l’autorisation des transactions dites « en U » (U-turn transactions), qui permettaient à certains paiements originaires et destinataires de pays tiers de transiter par des institutions financières américaines. Les banques américaines ne peuvent plus traiter ces opérations liées à Cuba et sont désormais autorisées à les rejeter.
La politique a oscillé au fil des administrations. La première administration Trump avait supprimé ces transactions en septembre 2019, avant que l’administration Biden ne les rétablisse en mai 2024.
Voyages éducatifs et professionnels restreints
Washington a également renforcé les restrictions sur les voyages vers Cuba. L’autorisation générale pour les voyages éducatifs de groupe de type « people-to-people » est supprimée, et d’autres catégories de voyages éducatifs sont restreintes. Certaines activités académiques impliquant des institutions américaines accréditées restent autorisées sous conditions spécifiques. L’OFAC a également supprimé l’autorisation générale de participer ou d’organiser certaines réunions et conférences professionnelles à Cuba.
Une série de sanctions depuis mai
Ces nouvelles mesures s’ajoutent à une série de sanctions imposées par l’administration Trump depuis mai, ciblant de hauts responsables cubains, des entreprises d’État et des institutions financières. En juin, le Trésor a sanctionné le président cubain Miguel Díaz-Canel ainsi que d’autres responsables et entités. Il a ensuite désigné la société pétrolière et gazière d’État Unión Cuba-Petróleo (CUPET). D’autres sanctions ont suivi en août contre des individus et entités impliqués, selon le Trésor, dans des importations d’armes cubaines et une coopération militaire étrangère. Le 3 septembre, l’OFAC a sanctionné la Banco Exterior de Cuba et plusieurs entreprises liées aux secteurs pétroliers, minier et des ressources du pays.
Contrairement à ces actions antérieures, qui visaient largement des individus, des entreprises et des entités gouvernementales spécifiques, les dernières mesures modifient des règles américaines plus larges régissant les transactions financières et les voyages impliquant Cuba.
Rubio durcit le discours
Ces restrictions interviennent au lendemain d’un durcissement du discours du secrétaire d’État Marco Rubio à l’égard de La Havane. « La vérité, c’est que Cuba est déjà tombée », a-t-il déclaré cette semaine lors d’un entretien. Il a qualifié Cuba d' « État défaillant dans tous les sens du terme ».
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