Vie chère, violences, blocages en Outre-mer : le gouvernement interpellé au Sénat
Au Sénat, ce mercredi 21 octobre, le sénateur martiniquais, Frédéric Buval, a alerté sur la flambée des violences dans plusieurs territoires ultramarins. La ministre des Outre-mer a défendu les renforts de sécurité et annoncé des réponses attendues sur la vie chère.
Les violences qui ont secoué plusieurs territoires ultramarins ces derniers jours se sont invitées au Sénat. Lors des questions au gouvernement, mercredi 21 octobre, Frédéric Buval, sénateur martiniquais du groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI), a interpellé la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, sur les moyens mobilisés pour endiguer l'insécurité.
" La situation est critique ", a-t-il alerté, en évoquant les dégradations, les pillages et les tirs visant les forces de l'ordre. En réponse, la ministre a défendu les mesures engagées contre le narcotrafic tout en reconnaissant la nécessité de traiter les difficultés sociales, notamment la vie chère.
Des violences de la Martinique à La Réunion
Le sénateur a dressé un tableau des événements récents. En Martinique, des mineurs ont été blessés par balle, des gendarmes visés par des tirs à balles réelles et des policiers par des tirs de mortiers. Des magasins ont été saccagés au Robert et à Saint-Pierre, tandis qu'un gymnase a été incendié au Lamentin.
En Guadeloupe, Frédéric Buval a fait état de dizaines de commerces pillés et incendiés, ainsi que de trois policiers blessés par balle. À La Réunion, des restaurants ont également été incendiés, notamment à La Possession.
" Rien ne saurait justifier la criminalité et les pillages ", a insisté le sénateur, qui a exprimé son soutien aux forces de l'ordre blessées, aux commerçants sinistrés et aux élus locaux. Il a également relayé les demandes de moyens supplémentaires formulées par les syndicats des forces de sécurité implantés dans les Outre-mer.
Au-delà de ces événements, l'élu a souligné l'ampleur de l'insécurité dans ces territoires. Selon les chiffres qu'il a avancés au Sénat, les Outre-mer, qui représentent 4 % de la population française, concentreraient 30 % des homicides, 25 % des atteintes aux personnes et 54 % des agressions envers les gendarmes.
En Martinique, il a notamment évoqué le seuil de 40 homicides annuels, sur fond de règlements de comptes, de circulation des armes à feu et de développement du narcotrafic.
14 millions d'euros contre le narcotrafic
Pour répondre à cette situation, Naïma Moutchou a rappelé avoir annoncé, quelques semaines plus tôt à Fort-de-France, un plan de lutte contre le narcotrafic élaboré avec le ministre de l'Intérieur. Doté de 14 millions d'euros, il prévoit des moyens supplémentaires, notamment des radars, des scanners et des dispositifs de vidéoprotection.
" Ils sont en cours de déploiement ", a précisé la ministre, soulignant que ces équipements doivent aussi renforcer les capacités d'enquête et faciliter les interpellations. Elle a notamment mentionné les moyens destinés à la zone Antilles-Guyane.
La réponse gouvernementale s'appuie également sur des renforts humains. Naïma Moutchou a indiqué que deux escadrons de gendarmerie mobile supplémentaires avaient été décidés pour La Réunion et la Guadeloupe. Elle a aussi cité les couvre-feux instaurés, les interpellations et les gardes à vue réalisées ces derniers jours, ainsi que les procédures judiciaires en cours.
La vie chère également au cœur des discussions
Frédéric Buval a toutefois élargi son interpellation aux difficultés qui pèsent sur la population, en particulier sur les jeunes. Il a cité le chômage, les conditions d'études dégradées, les problèmes d'accès à l'eau potable et la vie chère, estimant que cette accumulation nourrit un profond malaise.
La ministre a reconnu que la réponse ne pouvait se limiter au maintien de l'ordre. " Il n'y a pas une République qui protégerait les populations dans l'Hexagone et une République au rabais dans les Outre-mer ", a-t-elle déclaré, défendant le droit de tous les citoyens à la sécurité.
Sur la vie chère, elle a assuré que le gouvernement travaillait sur les prix des produits, des billets d'avion et du carburant. Elle a rappelé avoir réuni les parlementaires dès septembre, avant les mobilisations, pour aborder ces questions.
Une nouvelle réunion avec les députés était annoncée pour jeudi 22 octobre. Naïma Moutchou a promis des réponses portant à la fois sur le maintien de l'ordre, la sécurité des populations et les revendications des habitants. Reste désormais à préciser les mesures qui seront retenues et leur calendrier de mise en œuvre.
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