Local News

Gravats amiantés à Jarry : qui doit les enlever ? L’État renvoie la balle à la ville de Baie-Mahault et à la Région

04 November 2026
Promote your business with NAN

Entre 1 000 et 1 200 tonnes de gravats bloquent l'accès à la zone économique de Jarry. Des analyses y ont trouvé de l'amiante. Dans un communiqué daté du 3 novembre 2026, la préfecture affirme avoir réglé l'urgence et demande à la commune et à la Région de s'occuper du reste.

Les barrages de gravats sont apparus dans le contexte des mobilisations du collectif Nou las palé. Les 14 et 15 octobre principalement, des camions-bennes ont déversé des tonnes de tuf et de gravats pour entraver l'accès à la zone économique de Jarry, à Baie-Mahault, le poumon économique de la Guadeloupe. La préfecture évalue la quantité déposée entre 1 000 et 1 200 tonnes.

Le préfet a réquisitionné des moyens pour dégager l'axe principal. Celui-ci permet aux secours, à la police et à la gendarmerie d'entrer dans la zone. L'État a payé cette opération, sans en indiquer le coût. Le communiqué précise seulement qu'elle a eu lieu " le jour même ".

Le maire de Baie-Mahault en première ligne

Pour les autres barrages, l'État s'en remet aux autorités de police compétentes. Elles doivent s'appuyer sur l'article L. 541-3 du Code de l'environnement. Selon ce texte, le maire de Baie-Mahault peut ordonner à celui qui a déposé les déchets sur la voie publique de les enlever, de les transporter et de les entreposer à ses frais.

La Région aussi concernée

La Région Guadeloupe dispose d'une compétence de police spéciale. Elle peut obtenir, dans les mêmes conditions, la libération de la " Voie Verte ", qui appartient à la voirie nationale dont elle a la gestion. Si l'entreprise en cause refuse d'agir, les collectivités peuvent intervenir elles-mêmes, puis lui présenter la facture.

Des réunions, puis l'attente

L'État a expliqué ce cadre à la ville concernée et à la Région lors de plusieurs réunions, les 29 octobre et 3 novembre. L'inspection du travail et l'inspection des installations classées pour l'environnement attendent désormais des propositions concrètes des collectivités. Elles promettent de les examiner " avec toute la diligence nécessaire ".

Les zones d'ombre du communiqué

Comment des déchets amiantés ont-ils pu être récupérés aussi facilement ? C'est la question centrale. Le communiqué rappelle lui-même que le stockage et le transport de ces matériaux obéissent à des règles strictes, précisément pour en interdire l'accès au premier venu. Pourtant, ces gravats ont été chargés, transportés et déversés pour former des barrages. La préfecture ne dit ni d'où ils viennent, ni sur quel chantier ils ont été pris, ni si leur teneur en amiante était connue avant leur dépôt. Elle ne précise pas non plus si le site d'origine a fait l'objet d'un contrôle. Quels sont les risques réels ? Aucun résultat chiffré des mesures de fibres n'est publié. Le niveau d'exposition des personnes présentes à proximité n'est pas évalué. Qui est visé, et pour quand ? Aucun délai n'est annoncé. Aucun responsable n'est nommé : le texte évoque " celui qui les a déposés " et " l'entreprise fautive ", sans dire de qui il s'agit. Le message politique, lui, est limpide : l'État estime avoir géré l'urgence, et la suite revient à la ville de Baie-Mahault et à la Région. En attendant leurs réponses, les gravats restent bâchés sur place.