La Timalerie 2026 : le hip-hop mondial retrouve ses racines guadeloupéennes
Du 22 au 25 octobre, la Guadeloupe accueille la première édition du festival La Timalerie. Cet événement entend célébrer l'influence caribéenne dans les cultures urbaines, tout en transmettant aux jeunes générations l'excellence artistique acquise sur les scènes internationales.
Et si la Guadeloupe reprenait toute sa place dans l'histoire du hip-hop mondial ? C'est l'ambition de La Timalerie, un nouveau festival consacré aux danses hip-hop et urbaines, qui investit plusieurs lieux culturels de l'île du 22 au 25 octobre. Pendant quatre jours, workshops, créations chorégraphiques, spectacles et battles réuniront artistes internationaux, danseurs locaux et passionnés autour d'une même volonté : faire dialoguer les cultures urbaines avec les identités caribéennes.
À l'origine du projet, les jumeaux Loïck et Emerick Gene, connus sous le nom des Gamal, et Fabrice Labrana, alias Fabbreezy, danseur professionnel et coorganisateur du festival. Installés dans l'Hexagone, ces artistes guadeloupéens revendiquent un parcours international sans jamais renier leurs origines. « Ce qui nous a motivés à créer ce festival, c'est de montrer au monde que la Guadeloupe fait aussi partie des origines du hip-hop et que les grands danseurs connus à l'international sont aussi issus de la diaspora guadeloupéenne et antillaise », explique Fabrice Labrana. Derrière cette initiative, il y a un constat : malgré la présence de nombreux artistes d'origine antillaise sur les scènes internationales, leur histoire et leur contribution aux cultures urbaines restent encore trop peu connues du grand public. La Timalerie entend leur donner une visibilité accrue, mais aussi créer un lien concret entre ces parcours d'excellence et les jeunes danseurs de l'archipel.
« Montrer notre force musicale »
La programmation revendique une ouverture qui dépasse les frontières du hip-hop traditionnel. Dancehall, amapiano, musiques caribéennes et expressions chorégraphiques contemporaines doivent se rencontrer au fil des rendez-vous. Des tanbouyé accompagneront les battles à titre d'exemple, affirmant la volonté des organisateurs de faire dialoguer les rythmes locaux avec les codes des danses urbaines. « Notre hip-hop est inspiré de tellement de choses en même temps qu'on n'a pas voulu créer un festival uniquement centré sur le hip-hop. On voulait montrer notre force musicale », souligne Fabbreezy. Cette hybridation constitue l'une des signatures annoncées de La Timalerie : faire de la danse un espace de rencontre entre les héritages, les générations et les influences musicales. L'enjeu n'est pas juste de présenter des performances mais de montrer comment les artistes antillais s'approprient différentes cultures pour développer leur propre langage artistique. Le festival entend rapprocher le public guadeloupéen d'artistes comme Lindsay, Prince ou bien Max Loove dont les parcours témoignent du rayonnement international des danses urbaines.
La Timalerie se déploie sur plusieurs communes de l'île. Les 22 et 23 octobre, des stages intensifs de danse, ou workshops, sont organisés au centre culturel Sonis des Abymes et au centre de danse Artema, à Basse-Terre. Ces rendez-vous doivent permettre aux participants de découvrir de nouvelles techniques auprès d'intervenants expérimentés, dans des disciplines telles que le hip-hop, le popping et le rolento. Le 24 octobre, place à la création chorégraphique à L'Artchipel, avec un concours destiné à mettre en lumière les talents locaux. La soirée sera aussi marquée par une performance solo de Fabbreezy et par la présentation de Flux Sanguins - Le Pouvoir de la Fraternité, le spectacle du duo Les GAMAL. Le 25 octobre, la salle Robert-Loyson, au Moule, accueillera un battle de danse « All Style » en deux catégories. Cette journée fera la part belle aux rencontres entre hip-hop et expressions artistiques locales, avec la participation annoncée d'Akiyo et de Rony Théophile.
« Un héritage intergénérationnel »
Selon les organisateurs, La Timalerie ne doit pas se limiter à quatre jours de programmation. Le projet s'inscrit dans une démarche plus large de professionnalisation des jeunes danseurs guadeloupéens, avec la mise en place d'un accompagnement destiné à leur permettre de progresser au contact de professionnels et de techniques venues de différents horizons. « On souhaitait permettre un héritage intergénérationnel, c'est-à-dire présenter à la nouvelle génération de danseurs hip-hop une nouvelle approche qui associe la dancehall, l'amapiano », précise Fabbreezy. Une formation d'une durée d'un an, à compter du mois de septembre 2026, est ainsi annoncée, avec au moins deux interventions par mois assurées par des intervenants avérés dans le hip-hop et d'autres styles de danse. L'objectif est de donner aux jeunes de l'archipel accès à des compétences et à des expériences acquises sur les scènes internationales afin de favoriser l'émergence d'une nouvelle génération de danseurs guadeloupéens professionnels.
Sur Instagram : @la.timalerie_
« On est motivés pour la suite »
Les organisateurs présentent 2026 comme une année pilote. Leur ambition est d'inscrire La Timalerie dans la durée, sur au moins deux ou trois ans, afin de consolider le projet et de développer ses actions auprès des jeunes. « On est motivés pour la suite. On a eu un support très important des jeunes de l'île et de la diaspora en général », confie Fabrice Labrana, qui espère que le bouche-à-oreille permettra à l'événement de gagner en visibilité.
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Sur instagram : @la.timalerie_
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