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Pénurie de carburant à Cuba : Iberia suspend ses vols directs depuis Madrid

02 June 2026
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Jacques Vilus

Le retrait d'Iberia confirme une tendance structurelle. L'entreprise espagnole rejoint Air France, Air Canada et Turkish Airlines, qui ont toutes gelé leurs opérations vers Cuba au cours des derniers mois.
Le retrait d'Iberia confirme une tendance structurelle. L'entreprise espagnole rejoint Air France, Air Canada et Turkish Airlines, qui ont toutes gelé leurs opérations vers Cuba au cours des derniers mois. • SHUTTERSTOCK - COPYRIGHT (C) 2025 WANGKUN JIA/SHUTTERSTOCK. NO USE WITHOUT PERMISSION.

L'incapacité de La Havane à ravitailler les avions commerciaux en kérosène contraint un nouveau transporteur international à se retirer. La compagnie aérienne espagnole Iberia annonce la suspension de sa liaison directe historique depuis Madrid, au moins jusqu'en novembre 2026, 

La décision d'Iberia traduit avant tout une impasse financière. Dès le mois d'avril, la compagnie avait alerté sur la viabilité de ses rotations estivales. Face aux cuves asséchées des aéroports cubains, ses appareils étaient contraints de se dérouter vers la République dominicaine pour effectuer le plein avant d'entamer la traversée de l'Atlantique vers l'Europe. Ces escales techniques ont lourdement grevé la rentabilité d'une ligne par ailleurs fragilisée par la baisse de la fréquentation touristique. La compagnie espagnole avait d'ailleurs anticipé cette issue en réduisant la fréquence de ses vols. Si la billetterie reste ouverte pour une reprise espérée en novembre, le retour des avions floqués aux couleurs de l'Espagne est conditionné à une hypothétique stabilisation de l'approvisionnement pétrolier cubain.

Une désertion des grands opérateurs aériens

Le retrait d'Iberia confirme une tendance structurelle. L'entreprise espagnole rejoint Air France, Air Canada et Turkish Airlines, qui ont toutes gelé leurs opérations vers Cuba au cours des derniers mois, face à la même impossibilité matérielle de garantir leurs plans de vol. Pour le gouvernement cubain, la défection simultanée de ces acteurs accélère la déconnexion internationale du pays. Le tourisme, théoriquement principal pourvoyeur de devises étrangères, se heurte désormais à une limite purement physique : l'incapacité de l'État à fournir l'énergie minimale requise pour maintenir le trafic aérien long-courrier. La pénurie de carburant agit désormais comme un repoussoir absolu pour les opérateurs étrangers, condamnant l'île à un isolement croissant sur la scène touristique caribéenne.