Chlordécone : l’État condamné à indemniser un ancien ouvrier agricole en Guadeloupe atteint d’un cancerr
Rédaction web - GG

Le tribunal administratif de Guadeloupe a condamné l'État à verser 28 500 euros à un ancien ouvrier agricole de Petit-Bourg, atteint d'un cancer de la prostate reconnu comme maladie professionnelle. Les juges ont retenu des fautes des autorités dans l'autorisation du pesticide et la gestion des risques liés à cette substance.
La décision a été rendue ce 27 octobre 2026. L'homme a travaillé dans des exploitations bananières entre 1955 et 1992, période durant laquelle il a été exposé au chlordécone pendant près de vingt ans. Son cancer de la prostate a été diagnostiqué en mars 2010, avant d'être reconnu comme maladie professionnelle en août 2023.
Estimant avoir subi des préjudices liés à cette exposition, l'ancien ouvrier agricole avait saisi le tribunal administratif pour obtenir réparation. Il réclamait un million d'euros. La juridiction lui a finalement accordé 28 500 euros.
Deux fautes de l'État retenues
Dans son jugement, le tribunal retient deux fautes. La première concerne l'autorisation, en 1972, de commercialiser un produit à base de chlordécone alors que la toxicité de la substance et sa persistance dans l'environnement étaient déjà connues.
La seconde porte sur le retard pris par les autorités pour rechercher la présence du pesticide dans l'environnement et la chaîne alimentaire, ainsi que sur les insuffisances en matière d'information et de protection des populations exposées.
Les magistrats ont également établi un lien de causalité entre l'exposition prolongée du requérant au chlordécone dans le cadre de son activité professionnelle et son cancer, en l'absence d'autre cause identifiée. Une indemnisation inférieure aux demandes
Les 28 500 euros accordés couvrent plusieurs préjudices : 17 000 euros pour le déficit fonctionnel temporaire, 1 500 euros pour le préjudice esthétique temporaire et 10 000 euros au titre des souffrances endurées.
Le tribunal a par ailleurs écarté l'argument de l'État selon lequel la demande était prescrite. Il a considéré que le point de départ ne pouvait être antérieur à la reconnaissance, en décembre 2021, du cancer de la prostate lié au chlordécone dans le tableau des maladies professionnelles.
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