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Pilules contraceptives : l’Europe alerte sur un risque « faible mais réel » de tumeur au cerveau

17 July 2026
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L’Agence européenne des médicaments (EMA) a émis une alerte concernant les contraceptifs contenant du désogestrel ou de l’étonogestrel. Une vaste étude épidémiologique française a confirmé un risque « faiblement accru » de méningiome, une tumeur bénigne du cerveau, chez les femmes utilisant ces progestatifs pendant plus d’un an.

Le désogestrel et l’étonogestrel sont deux hormones de la famille des progestatifs. On les retrouve dans plusieurs pilules contraceptives, parmi lesquelles Cerazette, Optimizette, Antigone, Elfasette et leurs génériques, ainsi que dans des implants contraceptifs comme Nexplanon et certains anneaux vaginaux. Près de 1,3 million de femmes utilisent du désogestrel en France, selon l’étude EPI-PHARE qui a servi de base à l’alerte. Après examen des données, le PRAC, le comité de pharmacovigilance de l’EMA, a confirmé un risque « faiblement accru » de méningiome intracrânien chez les utilisatrices de longue durée.

« Le risque augmente avec la durée d’utilisation », précise l’agence. En clair : plus on prend ces médicaments longtemps, plus le risque de développer cette tumeur bénigne des méninges s’élève. Rassurons-nous : la probabilité globale reste très faible. L’étude épidémiologique estime qu’il y a « un cas supplémentaire pour 67 300 femmes utilisatrices ». Un chiffre qui place le risque dans une catégorie « faible", selon les autorités sanitaires. Mais l’EMA ne prend pas de risques. Elle recommande une surveillance accrue pour toutes les utilisatrices de ces pilules et implants. « Les femmes doivent être surveillées pour détecter les signes et les symptômes pouvant suggérer la présence d’un méningiome », indique l’agence.

Quels symptômes doivent alerter ?

Un méningiome est une tumeur qui se développe à partir des méninges, les tissus entourant le cerveau et la moelle épinière. S’ils sont le plus souvent bénins et à croissance lente, ils peuvent, selon leur taille et leur localisation, provoquer des troubles graves.

Les signes d’alerte à surveiller :

- troubles de la vision,

- perte auditive ou bourdonnements d’oreilles,

- perte de l’odorat,

- maux de tête qui s’aggravent,

- perte de mémoire,

- convulsions,

- faiblesse dans les bras ou les jambes.

En cas d’apparition de l’un de ces symptômes, une consultation médicale s’impose.

Des femmes particulièrement à risque

L’EMA a également renforcé les contre-indications. Les contraceptifs contenant du désogestrel ou de l’étonogestrel sont désormais formellement déconseillés aux femmes qui ont ou ont eu un méningiome. Si une tumeur est diagnostiquée pendant le traitement, la prise du médicament doit être « impérativement interrompue ». Les femmes ayant déjà utilisé d’autres progestatifs connus pour favoriser l’apparition de méningiomes (cyprotérone, nomégestrol, médroxyprogestérone, chlormadinone) sont également considérées comme plus à risque et doivent être particulièrement vigilantes.

L’alerte de l’EMA ne remet pas en cause l’efficacité contraceptive de ces médicaments. Elle invite simplement à une meilleure information des patientes et à un dialogue renforcé avec les professionnels de santé. Comme le soulignent les autorités, « la probabilité globale de développer un méningiome reste faible ». Mais en matière de santé, la vigilance est toujours de mise.