Thélyson Orélien, l’écrivain haïtien déjà accusé d’IA, rattrapé par des accusations de plagiat
La polémique autour de Thélyson Orélien s’amplifie. L’écrivain canado-haïtien, déjà soupçonné d’avoir utilisé l’intelligence artificielle pour son roman C’était ça ou mourir, est désormais visé par des accusations de plagiat pour des textes publiés dans les années 2010.
L’affaire Thélyson Orélien prend un nouveau tournant. Après les accusations d’utilisation de l’intelligence artificielle lancées la semaine dernière sur X, ce sont désormais des allégations de plagiat qui visent l’écrivain canado-haïtien. Selon le quotidien québécois La Presse et le groupe public Radio-Canada, plusieurs textes publiés par l’auteur dans les années 2010 contiendraient des passages plagiés.
Le quotidien La Presse a ainsi constaté qu’une chronique de Thélyson Orélien, publiée en 2013 sous le titre « Ne mettons pas nos héros sur un piédestal », est dans sa « quasi-totalité » une « traduction légèrement remaniée » d’un article paru quelques jours plus tôt dans le journal philippin The Philippine Star. Au-dessus de l’article incriminé, le média a depuis ajouté une mention indiquant qu’il a « appris que son auteur avait commis un plagiat ».
Une nouvelle primée qui emprunte au « Matin des magiciens »
Radio-Canada évoque également le cas d’une nouvelle de Thélyson Orélien qui avait remporté un prix du public lors d’un concours d’écriture en 2012. Selon le groupe public, ce texte contient des phrases tirées du livre Le Matin des magiciens, de Louis Pauwels et Jacques Bergier, publié en 1960. L’outil de détection Pangram, déjà utilisé dans l’affaire de l’IA, identifie au moins quatre phrases identiques entre cette nouvelle et l’œuvre des deux auteurs français. D’autres textes publiés notamment dans le HuffPost Québec ou sur des blogs sont également concernés par ces allégations, selon les deux médias canadiens.
Pour François Cardinal, éditeur adjoint de La Presse, le lien entre les deux affaires est direct. « Nos doutes sur la démarche de Thélyson Orélien quant à son recours à l’IA ont mené à la découverte de plagiat », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « À une époque où le public est inondé de faux, notre rigueur quotidienne dans la vérification de l’information est notre plus grande responsabilité. Cette tromperie est décevante et inexcusable ».
L’éditeur québécois « prend ces allégations très au sérieux »
Face à ces révélations, les Éditions du Boréal, qui ont publié le roman au Canada au printemps, ont réagi dans un communiqué. « Nous prenons ces allégations très au sérieux, tant pour l’auteur que pour ses lecteurs et pour la confiance qui unit une maison d’édition à son public », ont-elles déclaré. L’éditeur affirme également « déployer tous les efforts nécessaires, avec l’auteur comme à l’interne, afin de faire toute la lumière sur les allégations selon lesquelles il aurait eu recours à l’IA générative pour écrire C’était ça ou mourir ».
Depuis le début de l’affaire, Thélyson Orélien a rejeté les accusations d’utilisation de l’IA, assurant avoir « commencé à écrire C’était ça ou mourir à l’automne 2017 » et en avoir « achevé le premier jet en 2019 ». Il avait également indiqué être « en train de constituer un dossier » avec ses éditeurs « pour prouver » qu’il a écrit l’ouvrage de sa main. Mais ces nouvelles révélations sur son passé de pigiste fragilisent une défense déjà mise à mal par la polémique sur l’IA.
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